Pour faire face à l’érosion de ses marchés, la meunerie française a affiché ce jeudi 16 juin 2016 lors d’une conférence de presse à Paris, ses nouvelles ambitions pour l’avenir. Objectif : améliorer la rentabilité et la compétitivité de la filière.

Deuxième producteur européen de farine et dixième mondial, la meunerie française voit sa production de farine chuter en 2015, à 4,17 Mt contre 4,27 Mt en 2014, et 4,38 Mt en 2013. 3,8 Mt sont destinés au marché intérieur et 389 640 tonnes à l’exportation. En termes de débouchés sur le marché intérieur, la baisse de la consommation, de près de 2 % en 2015, impacte cette industrie où deux tiers de la farine sont utilisés en panification.

Les exportations chutent

« On note une réduction des clients traditionnels de la farine française », développe Bernard Valluis, président délégué de l’ANMF (Association nationale de la meunerie française). Les exportations vers les pays tiers et l’Union européenne chutent ainsi de 18 % en 2015. « Il y a une concurrence déloyale de la Turquie, regrette Bernard Valluis. Le pays bénéficie en effet de subventions pour l’exportation de farine et peut offrir des prix très compétitifs. »

La meunerie française doit également faire face à l’augmentation des importations de farine (+7 % en 2015), avec notamment les farines en provenance de l’Allemagne, de la Belgique et du Luxembourg. L’ANMF dénonce une « véritable distorsion de concurrence », car une partie de ces importations ne sont pas soumises à la « taxe farine » instituée en 1993.

Son montant est de 15,24 €/t de farine commercialisée sur le marché intérieur en alimentation humaine. Mais selon l’association, il y a « iniquité dans le système de recouvrement et dans les contrôles ». « C’est un véritable obstacle à la compétitivité de la filière », considère l’ANMF qui a demandé la suppression de cette taxe en France.

Créer de nouvelles farines

Dans ce contexte, la filière qui affiche un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros en 2015, a entamé un travail pour faire évoluer sa stratégie. À travers le programme « Meunerie : nouvelles ambitions » porté par le président de l’ANMF, Lionel Deloingce. L’association entend notamment investir dans l’innovation et la recherche et le développement, pour créer de nouvelles farines en lien avec les évolutions sociétales, comportementales et alimentaires. La meunerie française compte aussi adapter les produits à base de farine aux besoins du consommateur en termes de goût, de nutrition (richesse en fibres, sans gluten…) et de diversité.

La filière va par ailleurs augmenter ses investissements pour optimiser l’outil industriel et la logistique. Cela passe notamment par les nouvelles technologies numériques, avec l’utilisation de capteurs tout au long de la chaîne industrielle.

Enfin, l’ANMF souhaite « redonner à la meunerie sa légitimité et faire évoluer son image. Nous représentons une vraie activité économique et agissons au sein d’une filière courte identifiée. C’est un atout, mais il faut le faire connaître afin que nous soyons davantage visibles », a expliqué Lionel Deloingce. La filière compte ouvrir, dans le cadre de la semaine de l’industrie, les portes de ses moulins au grand public et aux relais d’opinion pour montrer comment est fabriquée la farine.

I.E.

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