Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Les prix des fruits et légumes freinent le consommateur

réservé aux abonnés

Enquête
 - Les prix des fruits et légumes freinent le consommateur
© Pixabay

L’association Familles rurales a dévoilé le 23 août 2018 son observatoire annuel des prix des fruits et légumes.

Essentiels pour une alimentation équilibrée, les fruits et les légumes peuvent représenter une part importante du budget familial. Familles rurales a interrogé un panel de 500 familles, afin de mesurer leurs habitudes de consommation et leurs attentes. L’enquête révèle que seule une famille sur trois respecte la recommandation « manger 5 fruits et légumes par jour ».

Entre 115 et 255 € par mois pour une famille de 4 personnes

Les personnes interrogées ont expliqué que le prix élevé des fruits et des légumes était la raison principale d’un manque de consommation. L’association a donc choisi de constituer un panier de 8 fruits et 8 légumes frais et d’estimer son coût. Ainsi, une famille de 4 personnes paiera ses courses jusqu’à deux fois plus cher, selon qu’elle opte pour les prix les plus bas ou qu’elle soit adepte du « 100 % bio », la dépense se situant entre 115 et 225 € par mois.

Le producteur local, chouchou des consommateurs

Si le prix est un critère important, il n’arrive qu’en quatrième position au moment de l’acte d’achat. Les familles souhaitent avant tout de la qualité, qu’elles définissent comme la combinaison de la saisonnalité, l’origine et la fraîcheur des produits. Ce sont d’ailleurs les producteurs locaux qui représentent pour elles la source d’approvisionnement répondant le plus à leurs attentes, même si elles restent encore fidèles aux supermarchés : 33 % des familles interrogées y font leurs courses.

Aucune protection contre la fluctuation des prix

L’Observatoire met en lumière une divergence entre le pouvoir d’achat des ménages qui est « relativement stable » et les prix des fruits et légumes, soumis à d’importantes fluctuations. Ainsi, certains produits ont connu des augmentations sensibles de prix entre 2017 et 2018. C’est le cas de la carotte, dont le prix a bondi de 40 % ou encore de la pêche, dont le prix affiche +17,3 %. En moyenne, les familles ont payé 4,5 % plus cher leurs fruits et légumes entre 2017 et 2018.

Pour Familles rurales, le gouvernement promeut une « politique nutritionnelle mais ne donne pas aux consommateurs les moyens de l’appliquer ». L’Association invoque les négociations commerciales entre fournisseurs et distributeurs comme en partie responsables de ce manque de moyens, « mais pour lesquelles des réformes sont possibles ». Familles rurales attend de la loi alimentation, dont le vote final est attendu en septembre, qu’elle permette une plus grande transparence et une plus forte régulation pour les producteurs et les consommateurs.

Bertille Quantinet
Interfel partage l’inquiétude de Familles rurales

« La perception de cherté et l’augmentation conjoncturelle des prix par rapport à 2017 limitent l’accessibilité des fruits et légumes et impactent significativement leur consommation, dans un contexte où manger au moins “5 fruits et légumes par jour” reste un enjeu majeur de santé publique, loin d’être atteint », appuie Interfel qui réagit ce jeudi 23 août à l’étude de Familles rurales.

Consommation en perte de vitesse

Pour l’interprofession des fruits et légumes frais, « c’est tout autant la perception de cherté et la variabilité déstabilisante des prix qui pénalisent la consommation et découragent les « petits consommateurs ». Elle alerte, tout comme Familles rurales, sur cette consommation qui décroît : « Les achats en volume sur la période de janvier à juin 2018 enregistrent une baisse d’environ 3 % par rapport à 2017 et à la moyenne 2015-2017 ».

Des prix attendus encore en hausse

Et les prix ne devraient pas baisser tout de suite puisque le contexte économico-réglementaire (réforme des charges sociales, interdiction du glyphosate…) devrait « peser sur les prix de revient et nécessairement sur les prix consommateurs. Des augmentations inévitables pour rémunérer leurs produits à leur juste valeur, » appuie l’interprofession.

F.M.
Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités


Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !