« L’évolution des prix des engrais depuis début 2021 interroge les agriculteurs », indique Isaure Perrot, analyste chez Agritel. En effet, à 261,5 €/t (Franco Atlantique) au 1er janvier, l’urée s’affiche aujourd’hui à 370 €/t.

« Driver du marché, son cours influence celui de la solution azotée et de l’ammonitrate, ajoute-t-elle. Il faut aussi prendre en compte la saisonnalité généralement haussière de ces deux formes d’engrais, entre juin et mars. »

L’ammonitrate à 340 € la tonne

À 164 €/t (FOT Rouen) en janvier, puis annoncée fin avril à 211,50 €/t pour la nouvelle campagne de commercialisation, la solution azotée a perdu en compétitivité par rapport à l’année dernière à la même période (148 €/t). Aujourd’hui, les prix atteignent 285 €/t.

L’ammonitrate se place quant à lui à 340 €/t (Franco Atlantique) : son prix pour la nouvelle campagne de commercialisation début mai était de 305 €/t (230 l’année dernière à la même période) et de 257 €/t au 1er janvier 2021.

Les besoins augmentent

Plusieurs facteurs combinés expliquent cette situation. Tout d’abord, la flambée des cours du gaz naturel à Londres (+ 81 % depuis mars) augmente le coût de production des engrais, de même que le contexte haussier du marché des matières premières et des grains.

Autre point : la demande de grands pays producteurs, dont les besoins en azote augmentent pour fertiliser des surfaces en céréales plus importantes. « L’Inde revient aussi aux achats d’urée depuis mars et le marché en anticipe d’autres dans les mois à venir ».

Cette forte demande contribue à la baisse des disponibilités, qui pourrait s’accentuer avec les sanctions américaines et euro­péennes contre la Biélorussie et de possibles taxes à l’exportation en Chine.

Un faible potentiel de repli cet été

« Nous ne pensons pas voir de repli durant l’été, estime Isaure Perrot. Reste à savoir si ces prix vont par la suite poursuivre leur ascension, alors que nous sommes déjà à des niveaux très hauts. »

Charlotte Salmon