Le NEPG, North-Western European Potato Growers (1), estime au 7 juillet 2020 que la superficie consacrée aux pommes de terre de consommation sur son périmètre a augmenté de 0,5 % par rapport à l’an passé pour atteindre 621 148 ha (+4,2 % par rapport à 2015-2019).

« Dans le contexte actuel, c’est considéré comme trop important, insiste les producteurs européens. Mais, la crise en lien avec la Covid-19 est arrivée au moment où les producteurs avaient déjà commandé leurs plants de pommes de terre et loué les terres, donc trop tard pour envisager une réduction de la superficie. »

Des progressions localisées en Allemagne et en France

La majeure partie de l’augmentation est localisée en Allemagne (+2 %) et en France (+1,4 %) où il semble que des transferts de la transformation à la pomme de terre de table aient eu lieu. Le chiffre de la Grande-Bretagne est la moyenne des cinq dernières années, car il n’est pas encore possible à cette heure de retrancher les surfaces précises en plants.

Le NEPG souligne que c’est toujours le rendement et non la surface qui fait le volume de la récolte à venir et qu’il est donc encore trop tôt pour estimer la production. Qui plus est, les conditions sèches au début du cycle de culture ont peut-être déjà limité le potentiel maximal accessible.

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Qualifier et orienter clairement le marché

Pour la prochaine campagne, il y a, selon le NEPG, « beaucoup plus de questions et d’équations à résoudre pour pouvoir qualifier et orienter clairement le marché ».

Le marché de l’an prochain ne dépendra pas seulement des conditions de développement et de la récolte dans les cinq grands pays européens de la pomme de terre. « La superficie de pommes de terre aux États-Unis a baissé de 5 %, quelle sera la récolte nord-américaine et quelle influence son évolution aura-t-elle sur les exportations mondiales de produits à base de pomme de terre ? », se questionne le NEPG.

Hâtives touchées par le sec

Concernant les hâtives, la première partie de la campagne a été marquée par le sec et le nombre de tubercules et les rendements en Allemagne sont inférieurs à la normale. « On s’attend à ce qu’elles soient récoltées plus tard, mais la plupart des producteurs devraient récolter dans la période habituelle, ce qui limitera la production. De plus, plusieurs contrats avaient été annulés préalablement par les industriels en début de campagne », informe le communiqué.

Parmi les questions qui restent sans réponse demeure l’influence de la pandémie de la Covid-19 et de ses conséquences sur les marchés dans les prochains mois.

« Enfin, les producteurs sont-ils bien préparés pour un stockage plus long (et plus coûteux !), sans utilisation possible du CIPC, molécule bientôt interdite dans toute l’Europe ? », se demande encore le NEPG.

C.F.

(1) Les cinq principaux pays européens producteurs de pommes de terre sont l’Allemagne, la Belgique, la France, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas.