Dans le cadre du plan Ecophyto II, l’Agence nationale de la recherche a ouvert, le mardi 19 février 2019, un appel à projets pour soutenir le développement de solutions d’aide à la réduction de l’usage de produits phytosanitaires (les produits de biocontrôle ou les outils d’aide à la décision).

« Cet appel à projets à pour but de valoriser des travaux scientifiques déjà accomplis avec succès dans un programme de recherche antérieur et d’encourager le partenariat entre organismes de recherche et acteurs socio-économiques (entreprises privées, centres et instituts techniques, organismes professionnels, etc.) pour développer des produits, méthodologies ou technologies ayant un degré de maturité technologique (TRL) 1 supérieur ou égal à 5 », indique l’ANR. Les solutions devront donc démontrer leur opérationnalité et répondre aux besoins des agriculteurs.

Les projets déposés devront s’inscrire dans l’un des deux domaines thématiques suivants, lit-on dans l’appel à projets :

  • Le biocontrôle

Sous ce vocable, on se réfère aux méthodes de gestion du risque phytosanitaire qui impliquent le recours à une régulation ou un processus biologique et peuvent se substituer en partie ou totalement à des méthodes de contrôle utilisant des pesticides d’origine chimique. Ce thème étant déjà largement financé dans le cadre d’autres appels, l’angle privilégié dans cet appel à projets sera les travaux nécessaires pour le déploiement des stratégies de biocontrôle, telles que l’utilisation d’auxiliaires de culture, de médiateurs chimiques à l’échelle territoriale, les techniques de l’insecte stérile ou l’exploitation de régulations biologiques procurées par les communautés de micro-, macro-organismes ou plantes. Cet appel encouragera particulièrement des projets qui conçoivent et testent de façon intégrée une solution et son déploiement dans des modèles économiques innovants. A titre d’illustration, certaines solutions de biocontrôle peuvent nécessiter une entente entre acteurs pour être efficaces et le modèle économique fait alors appel à des collectivités, des groupements collectifs ou territoriaux.

  • Les outils d’aide à la décision (OAD)

Si de nombreuses connaissances maîtrisées au sein des laboratoires sont traduites dans des modèles à usage de recherche, il reste cependant assez exceptionnel que ces informations soient traduites dans des modèles prédictifs utilisables pour la décision. Les projets doivent combler ce déficit en proposant des OAD permettant de réduire l’utilisation des produits phytopharmaceutiques. Ils pourront pour cela intégrer la caractérisation et l’évaluation des risques pour les cultures, et aider à mobiliser les leviers préventifs en prenant en compte l’évaluation de l’impact sur la santé et l’environnement. Ces outils pourront réunir des modèles prévisionnels à des réseaux de captures d’informations venant du terrain dans une optique de mise à disposition pour les acteurs finaux.

L’enveloppe globale, cofinancée par l’Agence française pour la biodiversité (AFB), est de 3,5 M€. Et le montant de l’aide demandée doit être inférieur ou égal à 450 000 € par projet.