Dans le cadre d’une enquête lancée en février, le ministère chinois du Commerce estime que « le sorgho importé des États-Unis bénéficie de dumping », causant « un tort substantiel aux producteurs chinois », selon une décision préliminaire annoncée sur son site.

Une sanction « temporaire »

En conséquence, Pékin adopte une première sanction « temporaire » : à partir de mercredi, les entreprises importatrices chinoises achetant du sorgho américain devront verser auprès des douanes une caution pouvant atteindre jusqu’à 178,6 % de la valeur des céréales importées.

À la suite de cet arbitrage préliminaire, le ministère poursuit son enquête, qui pourra déboucher sur des taxes antidumping définitives. L’enjeu est crucial pour les agriculteurs américains : le géant asiatique est le premier importateur des récoltes de sorgho des États-Unis.

La Chine a importé 4,8 millions de tonnes de sorgho des États-Unis en 2017, pour une valeur équivalant à presque 1 milliard de dollars. Des taxes douanières imposées par Pékin pourraient pénaliser particulièrement des États républicains, la base de l’électorat président Donald Trump.

150 milliards de dollars dans la balance

Cette mesure chinoise intervient alors que Donald Trump menace d’imposer des droits de douane sur quelque 150 milliards de dollars d’importations chinoises, tandis que Pékin a promis des représailles proportionnées, laissant planer le spectre d’une une guerre commerciale entre les deux puissances.

En particulier, le régime communiste a menacé, le cas échéant, de taxer les exportations américaines de soja. L’enjeu est de taille : les États-Unis exportent environ un tiers de leur production de soja vers la Chine, qui a acheté en 2017 pour 14 milliards de dollars de soja américain.

AFP