« Les premières fraises iront dans les paniers des soignants », affirme Pierre Bot. Le maraîcher de Saclay, dans l’Essonne, pense déjà à la prochaine opération, alors que la première vient de se terminer. Le 19 mars 2020, ce Francilien a confectionné vingt-cinq paniers de légumes et de fruits à destination des soignants de sa commune.

Pour le moral des soignants

« À situation exceptionnelle, dispositif exceptionnel, explique-t-il. Les soignants ont d’autres préoccupations que de remplir leurs frigos. Je ne peux pas les imaginer en train de faire la queue au supermarché. J’ai voulu les aider. Et puis, le président a dit : “On est en guerre.” Et quand on est en guerre, on doit être soucieux de nourrir les troupes ! Pour le moral des troupes. »

Pierre Bot a aussi été marqué par l’égoïsme des personnes ces derniers jours, qui se sont ruées sur les pâtes et le papier toilette. « Je voulais faire un geste. »

Livraison comprise

« Les paniers ont été déposés à la maison de santé de Saclay, à des infirmières libérales, des médecins généralistes, mais aussi à tous ceux que l’on a pu identifier sur la commune travaillant en milieu hospitalier, des urgentistes, des manipulateurs radio, etc. », détaille-t-il.

Une ancienne infirmière libérale s’est chargée de la livraison : « Elle s’est rendue au cabinet et au domicile de chaque soignant pour leur remettre un panier ». Avec elle, « nous recommencerons autant que ce sera nécessaire. »

Des horaires aménagés au magasin

Face au coronavirus, Pierre Bot qui vend ses légumes et ses fruits sur son exploitation, a dû aménager les horaires de son magasin. « La semaine, nous ne livrons plus les entreprises, depuis que leurs salariés travaillent de chez eux. C’est l’une des raisons pour laquelle nous avons étendu nos horaires d’ouverture. »

L’autre raison est le contrôle strict de l’afflux des clients, afin de limiter le nombre de personnes à l’intérieur du magasin. « Je régule moi-même le trafic à l’entrée pour faire en sorte qu’il n’y ait pas plus d’une dizaine de personnes dans le magasin. » La distance d’un mètre entre clients est respectée, et les salariés à la caisse portent des masques et des gants.

Concernant l’afflux des consommateurs sur les fermes en circuit court, « le week-end dernier, alors que les mesures de confinement n’étaient pas encore en place, les clients sont venus très nombreux et ont acheté un peu de tout, dans des volumes importants. Cela commence tout juste à diminuer. Le fait de réguler le nombre de personnes détend un peu l’atmosphère et les achats me semblent plus réfléchis. »

Pierre Bot pense déjà à ses futurs paniers. Et aux premières fraises qui devraient commencer à poindre à la fin de mars.

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Rosanne Aries