Ce matin, profitant du beau temps, quarante étudiants en BTS d’agronomie et productions végétales du lycée agricole Le Robillard débarque chez Mathilde Vermès. Leur mission : arpenter durant toute la journée une dizaine d’hectares de parcelles récoltées d’oignons et de pommes de terre. Pour quoi faire ? Pour collecter les restes laissés aux champs par la machine. Ces légumes doivent ensuite être donnés aux associations locales en l’occurrence la Croix-Rouge et les Restos du Cœur.

Plusieurs associations invitées

« Nous ne visons pas d’association en particulier. D’autres associations et notamment les banques alimentaires ont été invitées, mais elles n’ont pas pu se rendre sur place ce jour-là », souligne Jean-Michel Hamel, exploitant dans la Manche et président de l’association normande Solaal (Solidarité des producteurs agricoles et des filières alimentaires) à l’origine de cette initiative.

Pour Solaal Normandie, cette opération de glanage solidaire est une première depuis sa création à la fin de 2015. Et d’autres auront lieu dans la Manche dans les semaines à venir qui concerneront le glanage de carottes, poireaux et navets. Ces opérations sont organisées dans le cadre de la journée du don agricole qui se déroulera le 18 septembre prochain.

Une première

Pour cette première opération de glanage solidaire, les étudiants de BTS sont parvenus à récupérer plus d’une tonne de légumes mis en filets et dont une grande partie a été embarquée le jour même par les associations caritatives. « Le potentiel de légumes laissé par les arracheuses sur les parcelles est très variable d’une année sur l’autre et en fonction de la nature du terrain et très difficile à estimer », décrit Mathilde Vermès.

« Cette opération va d’ailleurs me permettre de mieux le mesurer, souligne-t-elle. Les machines sont moins efficaces lorsque le terrain est en pente avec un potentiel de glanage plus fort. En revanche, j’ai modernisé cette année mon système d’arrachage de pommes de terre si bien qu’il y a aussi moins de restes. »

Trouver les glaneurs

Mathilde laissait déjà les locaux glaner pour leur propre compte dans les tas laissés par la machine. Sous l’impulsion de Solaal et de la MSA, elle a accepté de se livrer à l’opération de glanage solidaire. Il restait à trouver des glaneurs. Elle-même ancienne étudiante de BTS du lycée agricole Le Robillard, elle a eu l’idée de motiver des étudiants de BTS en reprenant contact avec son ancienne professeure.

Pour Jean-Michel Hamel, le glanage est un bon système qui a le mérite de valoriser des denrées alimentaires qui seraient perdues autrement. Mais selon lui, que ce soit pour des raisons de sécurité, mais aussi du respect des biens et des personnes le glanage mérite d’être bien encadré.

Alexis Dufumier