La culture de stévia en France, une utopie ? Pas tant que ça dans le sud-ouest de la France quelques producteurs se sont tournés vers la culture de cette plante dont le pouvoir sucrant est trois cents fois supérieur au saccharose (issu de la betterave et de la canne). C’est l’association Sweetvia et la société Oviatis qui sont à l’origine de cette initiative. L’aventure a commencé en 2013 avec quelques hectares « disséminés sur les Landes, sur la Gironde, sur le Lot-et-Garonne, avec un centre d’expérimentation », se souvient Philippe Boutier, premier président de Sweetvia et gérant d’Oviatis.

30 hectares en 2021

En 2020, ce sont environ dix tonnes qui devraient être transformées et commercialisées par Oviatis, dans la grande distribution et dans les magasins spécialisés, sous la forme d’infusions ou d’extraits. « La première production date de 2018, réellement chez des producteurs avec deux ou trois hectares et on est aujourd’hui avec une quinzaine d’hectares pour 2020 et 30 hectares pour 2021 », explique le gérant.

Les producteurs, implantent les pieds de stévia pour cinq ans. Après « le pouvoir sucrant des feuilles diminue », explique Cécile Hastoy, responsable de la recherche et du développement pour la société Oviatis.

Une culture simple mais limitée par la main-d’œuvre

Chez Aurélie Barda, productrice de stévia depuis 2017, l’itinéraire cultural est maintenant bien rodé : « Nous plantons en mai. Après, le plus gros du travail, il se passe l’été. C’est de la surveillance, du désherbage et de l’irrigation. Nous faisons une première récolte en septembre. Après la récolte des feuilles, on coupe les plants à ras. Ensuite, à la sortie de l’hiver, la stévia refait des pousses sur le système racinaire, donc elle repart. Et donc, là, à nouveau surveillance, ravageurs, maladies, désherbage, une récolte en juillet, une récolte en septembre. »

Si la culture est rémunératrice, elle a toutefois des limites. « Vu que l’on ramasse la feuille, on ne peut pas se permettre qu’il y ait des adventices au milieu. C’est beaucoup de main-d’œuvre, donc on ne peut pas en avoir 10 ha à moins d’avoir beaucoup de personnel, mais ce sont des énormes chantiers à gérer. C’est une culture très rémunératrice, mais elle se fera toujours sur des petits ateliers », souligne Aurélie Barda.

Marie-Astrid Batut