La production française de chicorée d’hiver serait de 35,3 millions de têtes, en repli de 20 % sur un an et de 33 % par rapport à la moyenne de 2015 à 2019, selon les estimations réalisées au 1er avril 2021, constate Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculteur, dans une note diffusée le 20 avril 2021.

La production française de chicorée d’hiver sur la campagne 2020-2021 est en net repli par rapport aux productions des années précédentes. © Agreste

Après un marché équilibré lors de la période estivale, la campagne hivernale a commencé en octobre 2020 dans un « calme relatif » : la production étant inférieure à la moyenne, les conditions de commercialisation se sont maintiennues à un bon niveau mais se sont dégradées par la suite, avec le deuxième confinement et une baisse de la consommation.

Le repli des surfaces participe à la chute de la production

Les superficies nationales de la campagne de 2020-2021 seraient de 826 ha, en repli de 11 % sur un an, selon les estimations du 1er avril. Comme lors de la période estivale, la perte d’assolement en hiver a été plus importante pour la variété scarole (–15 %) que pour la frisée (–8 %).

La crise sanitaire favorise les destructions de production

Sur l’ensemble de la campagne (été + hiver), la production baisserait de 19 % par rapport à la campagne de 2019-2020, et de 38 % par rapport à la moyenne de 2015 à 2019. Elle atteindrait ainsi les 63,5 millions de têtes.

Les destructions de production en lien avec la crise sanitaire et la perte de débouchés vers la RHD, restauration hors domicile, ont été nombreuses cette saison contribuant, de concert avec les aléas climatiques, aux déficits des récoltes.

Au printemps 2020, l’eau a manqué et des intempéries ont fait rage, tandis que la sécheresse estivale a pénalisé le potentiel de récolte. La météo de l’automne a été plus favorable au développement des productions. Puis, sur les mois de décembre, janvier et février, la météo hivernale a ralenti la croissance des salades au moment du traditionnel creux de production en chicorée.

Les cours se maintiennent en début de saison

Malgré le manque de débouchés, le déficit des récoltes a permis aux prix de se maintenir tout au long de l’été 2020. La campagne d’hiver (à partir d’octobre 2020) conserve des cours plutôt fermes par rapport à la moyenne quinquennale.

Mais le deuxième confinement est venu perturber une fois de plus les ventes en novembre. Les prix varient alors beaucoup sur de courtes périodes. En décembre, les prix se sont tassés au niveau de la moyenne, la concurrence de la laitue se faisant également sentir, et la demande étant peu active malgré une période de fête plutôt animée.

En 2021, le marché est toujours en difficulté du fait de l’absence de ses débouchés habituels avec des cours en dessous de la moyenne sur cinq ans. En mars 2021, les cours sont similaires à ceux de la moyenne des cinq dernières campagnes mais reculent de 9 % par rapport à la campagne précédente.

Les cours de la chicorée se sont maintenus au début de la campagne hivernale, avant d’être pénalisés par le deuxième confinement. © Insee — Agreste

Baisse des importations et des exportations

Sur les premiers mois de la campagne d’hiver de la chicorée (d’octobre 2020 à février 2021), les importations sont de 10 600 tonnes, soit une diminution de 7 % sur un an.

Les exportations sont de 2 900 tonnes, soit une baisse de 17 % sur un an. Le solde, déficitaire, se réduit ainsi de 2 % sur un an, à –7 700 tonnes.

Raphaëlle Borget