Alors que le mercredi 5 août 2020, Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, s’est rendu dans le Cher, sur une exploitation céréalière, Éric Thirouin, président de l’AGPB (Association générale des producteurs de blé et autres céréales), au côté de représentants agricoles départementaux et régionaux et du secrétaire général de la FNSEA, a fait part de la situation « très difficile » et des inquiétudes des céréaliers.

« Avec une production évaluée en deçà des 30 millions de tonnes pour le blé́ tendre, les céréaliers français vont vivre une campagne particulièrement tendue, peut-être l’une des pires depuis 30 ans, juge l’AGPB dans un communiqué du 6 août 2020. Venant après six années extrêmement difficiles qui ont déjà fortement pesé sur les revenus, ce contexte va accroître les difficultés des exploitations et mettre en péril un nombre significatif d’entre elles. »

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Agir vite

« Face à l’ampleur de la crise, des mesures doivent être prises pour éviter des réactions en chaîne, prioritairement dans les exploitations, et potentiellement dans toute la filière. Nous demandons au gouvernement d’agir vite pour soutenir un secteur stratégique pour notre souveraineté alimentaire et l’économie de notre pays », alerte Éric Thirouin.

Le syndicat a demandé l’adoption sans attendre d’un plan de mesures exceptionnelles avec notamment la mise en place de cellules de crise dans les départements les plus impactés, le déblocage du fonds d’allègement des charges, l’exonération de la taxe sur le foncier non bâti, l’allègement des charges sociales et une avance des aides de la Pac majorée à 80 % au plus tard le 15 octobre 2020.

Dans les zones intermédiaires

L’AGPB souhaite de plus que ce plan d’urgence « s’accompagne de dispositifs pour permettre aux céréaliers d’être mieux armés face à l’ampleur croissante des aléas, avec l’application de l’“omnibus” pour baisser la franchise de l’assurance climatique à 20 %, et que face à la multiplication des impasses pour lutter contre les ravageurs biologiques des cultures, les suppressions d’autorisation de produits phytosanitaires n’interviennent plus sans l’assurance de la disponibilité de solutions alternatives économiquement viables. »

Plus globalement, alors que les discussions sur la future Pac s’amorcent, les céréaliers attendent « une véritable politique pour accompagner de façon soutenable d’un point de vue économique et technologique la transition dans laquelle ils se sont déjà fortement engagés, avec une réelle prise en compte de la situation particulière des zones intermédiaires. »

Céline Fricotté