Le secteur des céréales, notamment le débouché de la farine, continue d’être impacté par la pandémie de Covid-19. « D’après le président d’Intercéréales, le débouché de la boulangerie industrielle serait en baisse de 40 à 50 %, celui de la boulangerie artisanale de 60 à 70 % », souligne FranceAgriMer dans sa note de conjoncture de la mi-avril 2020. L’organisme signale également des « difficultés de fret ferroviaire vers des zones portuaires de la façade atlantique ».

L’organisme a fait un point de presse le 16 avril 2020 donnant plus de détails sur le secteur :

D’importants stocks d’huile de colza

Si FranceAgriMer notait une reprise des cours du colza, porté par une hausse du pétrole, la situation est très instable et a fortement évolué depuis le 15 avril 2020. Le 20 avril, le pétrole enregistrait en effet une forte chute. À New York, le baril de « WTI » (West Texas Intermediate), qui sert de référence sur le marché américain, a clôturé à un prix négatif : –37,63 dollars. En Europe, c’est le brent de la mer du Nord qui détermine les prix. Celui-ci se situe pour l’instant autour de vingt dollars.

L’organisme note que la situation en huile de colza reste préoccupante. « Avec l’effondrement de la consommation en biodiesel en France et dans l’UE, les stocks d’huile sont très élevés, et le léger flux d’affaires avec la Chine relevé par un opérateur ne saurait les résorber. »

L’Inde face à des difficultés d’exportation de sucre

« L’évolution baissière des cours du sucre reste largement déterminée par le prix du pétrole et par le cours du réal brésilien par rapport au dollar US », souligne FranceAgriMer. Au Brésil, la production de sucre est en effet plus rentable que celle de l’éthanol. Deux facteurs freinent cependant ces facteurs baissiers : d’une part, les « difficultés d’exportation en Inde avec la paralysie logistique du pays du fait du Covid-19 » et, d’autre part, une récolte « beaucoup moins bonne que prévue en Thaïlande ».

Au 15 avril 2020, le sucre brut était à 224 USD la tonne ; le sucre blanc à 342 USD la tonne (échéance de mai 2020). FranceAgriMer signale que cette prime, à un niveau très élevé, « traduit une tension sur l’offre de blanc, avec les difficultés d’exportation du sucre indien généralement livré sur le marché à terme de Londres ».

H. Parisot