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L’État encadre l’épandage des boues d’épuration

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Epidémie - L’État encadre l’épandage des boues d’épuration
Plus de 70 % des boues issues des stations de traitement des eaux usées sont utilisées en agriculture. © Watier Visuel

Le virus pouvant survivre dans les selles, le gouvernement a pris des mesures pour éviter sa dissémination par les boues d’épuration.

Les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique ont saisi en urgence l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pour évaluer les risques de propagation du coronavirus via l’épandage de boues de stations d’épuration.

Une circulaire interministérielle a été diffusée aux préfets le 2 avril 2020, à la suite de l’avis de l’Agence de santé. Elle donne les prescriptions à respecter. « Les boues extraites avant le début de l’épidémie peuvent être épandues, à condition de ne pas avoir été mélangées avec des boues plus récentes », indique le document. Ce dernier donne, en annexe, par département, la date à prendre en compte pour apprécier le début de la période épidémique.

Traitement obligatoire

L’épandage des boues est possible, à condition d’avoir fait l’objet d’une hygiénisation préalable qui inactive le virus. Quatre traitements ont été retenus : le compostage, le séchage thermique, la digestion anaérobie thermophile (méthanisation) et le chaulage.

« L’activité d’épandage du fumier ou lisier, et des engrais minéraux ou organiques, ainsi que des boues dans les conditions précisées ci-dessus, peut se poursuivre », rappelle par ailleurs le gouvernement.

Un arrêté signé le 30 avril 2020 précise les modalités d’épandage des boues issues du traitement des eaux usées urbaines pendant la période de Covid-19. Il a été publié au journal officiel le 5 mai 2020.

Justine Papin
Pas de stockage

« Le stockage des boues de stations d’épuration ne peut constituer une solution permettant de faire face à l’impossibilité de les épandre, souligne le gouvernement. En effet, l’état des connaissances disponibles ne permet pas de définir une période de stockage au-delà de laquelle le SARS-CoV-2 pourrait être inactivé. » Des alternatives sont données en annexe 2 (traitement sur site, transfert des boues ou incinération).

Des traces du virus ayant été retrouvées dans le réseau d’eau non potable de Paris, la question de la contamination de certaines eaux d’irrigation pourrait également se poser.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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