Au 1er mai 2021, moins d’une demi-récolte de cerises est prévue, relève une note d’infos rapides d’Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture. Le gel historique d’avril a touché tous les bassins de production, et plus durement la vallée du Rhône. Il s’agirait de la production la plus faible depuis au moins 46 ans, et du rendement le plus faible, à l’exception de l’année 1977 pendant laquelle le rendement avait été proche.

La cerise étant un fruit particulièrement sensible, les estimations précoces de production peuvent rapidement évoluer suivant les éventuels événements climatiques ou sanitaires qui se produiraient d’ici à la récolte.

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Moins d’une demi-récolte de cerises attendue en 2021

Au 1er mai 2021, la production de cerises est estimée à 14 000 tonnes, soit moins d’une demi-récolte prévue par rapport à une année standard.

Dans le Languedoc et le Roussillon, malgré un potentiel initial prometteur, les gelées impacteraient la production estimée, au 1er mai, en baisse de 40 % sur un an. Seul le potentiel de production du Roussillon est pour l’instant intact. Dans le Gard, les surfaces augmenteraient. Dans la vallée de la Garonne, seulement un quart de la récolte est attendu. Le gel a provoqué de gros dégâts. Les chutes physiologiques se poursuivent dans les vergers épargnés.

Dans la vallée du Rhône, le gel est historique, il a été à la fois intense, jusqu’à – 10°C, et prolongé. La lutte contre ce type de gel exceptionnel a été insuffisante. La gelée a entraîné une chute abondante de fleurs. Seulement un tiers de la récolte par rapport à une année moyenne est attendu. Le début de la récolte est prévu à la fin de mai, sans avance végétative particulière. La surface en production serait stable.

Dans la Région Paca, les gelées d’avril ont amputé la production, d’autant plus que la végétation était en avance avec déjà des petits fruits. La lutte contre le gel a permis parfois de sauver entre 20 et 50 % du potentiel de production. Cependant, des chutes physiologiques de fruits pourraient encore survenir, conséquence retardée du gel et des variations brutales de température. La surface en production serait stable.

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Chute historique de la production de cerises en France en 2021. © Agreste

Le chiffre d’affaires national recule lui aussi

Au 1er mai 2021, la campagne de commercialisation de 2021 de la cerise française n’a pas encore débuté.

Au niveau national, le chiffre d’affaires de la cerise de 2020 recule de 3 % sur un an, sous l’effet de la baisse des prix, mais dépasse de 4 % la moyenne de 2015 à 2019. Le chiffre d’affaires est en baisse par rapport à 2019 dans tous les bassins, sauf dans la vallée du Rhône où il est en hausse en raison d’une bonne récolte (+20 %). La production nationale est en légère hausse sur un an (+3 %).

Sur l’ensemble de la campagne de 2020 (de mai à juillet), les prix à la production de la cerise baissent de 5 % par rapport à ceux de la campagne précédente. Ils sont toutefois supérieurs à la moyenne de 2015 à 2019 (+4 %). Le calendrier de production est plus resserré qu’en 2019. L’offre commercialisée en tout début de campagne est précoce et réduite, la récolte de la burlat ayant été écourtée dans toutes les régions productrices, en particulier dans le Roussillon. Les prix sont élevés.

En mai 2020, les premières cerises sont fragilisées par le climat pluvieux et les tris sont importants pour mettre sur le marché des fruits de qualité. En juin 2020, les cours fléchissent de 10 % sur un an mais restent à un niveau supérieur à la moyenne de 2015 à 2019 (+5 %). Les principaux bassins entrent en production simultanément, à l’origine d’une baisse des prix à l’expédition d’un mois sur l’autre. Avec la baisse des volumes commercialisés à la fin de la campagne et le retour du beau temps, le marché s’améliore.

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Oriane Dieulot