Selon les estimations d’Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, en date du 1er novembre 2021, les prix du concombre français sont supérieurs de 30 % en octobre par rapport à ceux de la campagne précédente.

Même bilan pour les surfaces nationales implantées en 2021 qui progressent de 3 % sur un an et par rapport à la moyenne de 2016 à 2020. Du côté de la production, elle gagne également 1 % sur un an.

La demande active fait grimper les prix

Selon les estimations de la campagne de 2021 au 1er novembre, les prix en janvier et février sont élevés par rapport à ceux de la moyenne sur cinq ans, les volumes étant encore très faibles tandis que la demande pour le produit français est active.

Les prix agricoles à la production du concombre français se sont redressés en octobre 2021. © Agreste — Insee

En mars, le marché s’équilibre avec l’arrivée de gros volumes sur les étals. La fraîcheur du mois d’avril freine le commerce et des stocks se forment. Les prix se ressaisissent en mai puis stagnent en juin lors de la période d’arrachages et de replantations.

En juillet, la demande est en accord avec l’offre présente sur le marché. En août, le mauvais temps décourage une fois de plus la consommation alors que l’offre est bien présente. Le 26 août, le concombre est déclaré en crise conjoncturelle jusqu’au 8 septembre 2021, soit pendant dix jours.

Le commerce est légèrement meilleur en septembre avec le déclin de production et une météo ensoleillée ; les prix amorcent une remontée, tout en restant inférieurs à la moyenne quinquennale, en raison de l’arrivée de la concurrence ibérique sur le marché.

En octobre, la demande est suffisante pour écouler les récoltes de fin de campagne et permettre aux prix d’augmenter fortement, à l’inverse de la saisonnalité habituelle. Les prix en octobre sont ainsi supérieurs de 30 % par rapport à la campagne précédente et de 33 % par rapport à la moyenne quinquennale.

Du côté des exportations de concombres, de janvier à septembre 2021, elles reculent de 4 % sur un an, à 6 500 tonnes. Concernant les importations, elles perdent de 11 % sur un an, à 42 800 tonnes. Le solde des échanges, déficitaire, s’améliore de 12 % sur un an.

Des récoltes en légère hausse mais des rendements en baisse

Toujours selon les estimations de la campagne de 2021 au 1er novembre, les surfaces implantées en concombre augmenteraient de 3 % sur un an, à 599 hectares (ha), et de 3 % par rapport à la moyenne de 2016 à 2020 (chiffres révisés pour 2020 et 2021).

La récolte nationale de concombres français est légèrement supérieure en 2021 à celle de 2020. © Agreste — Insee

La production nationale de concombres pour la campagne de 2021 est estimée à 133 696 tonnes, soit une croissance de 1 % sur un an et de 3 % par rapport à la moyenne quinquennale.

En mai, la météo mitigée ralentit la croissance des concombres mais un rattrapage a lieu à la mi-juin avec le retour de la chaleur. Le développement de l’oïdium est favorisé par les importantes précipitations en juillet, freinant la production.

En août et septembre, les récoltes sont inférieures à la moyenne quinquennale en raison de la météo globalement maussade de l’été. À partir d’octobre, la production, en baisse saisonnière, est proche de celle de 2020.

Oriane Dieulot