Les mesures engagées contre la propagation du coronavirus ont fortement perturbé certains circuits de commercialisation (fermeture des marchés, des restaurants,…). Malgré cela, la tomate française, arrivée en mars sur les étals, n’a pas été victime d’une chute des cours. Au contraire, les prix se sont maintenus à des niveaux plutôt élevés, constate Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans sa note d’Infos rapides diffusée le 19 mai 2020. Très rapidement, l’offre n’a pu répondre à la demande, et les cours se sont envolés.

Réduction de la production et des importations

66 %C’est l’augmentation des cours de la tomate entre avril 2019 et 2020.

L’arrivée des beaux jours a fait croître la demande de ce produit. Mais les niveaux de production et la baisse des importations n’ont pas permis d’y répondre totalement : à la mi-mars, certains producteurs avaient pris la décision de réduire leur production pour anticiper le manque de débouchés.

En parallèle, le soutien lancé à l’agriculture française a poussé la grande distribution à limiter les importations de produits étrangers et les consommateurs à préférer l’origine France. L’offre n’a pas suivi et les prix d’avril ont ainsi subi une très fortement augmentation.

Les GMS réagissent, les prix se réajustent

La grande distribution, qui avait réduit les importations avec une diminution en mars de 6 % par rapport au mois de mars 2019, a réagi en se tournant à nouveau vers les pays étrangers pour assurer son approvisionnement. La demande a elle aussi fini par diminuer. Les prix se sont ainsi réajustés à la fin d’avril.

La demande globale élevée sur le marché du frais cache des disparités entre les différents segments : Si les variétés rondes et à grappes ont eu un franc succès, ce n’est pas le cas de la tomate cerise dont la consommation est plutôt associée aux repas de famille et entre amis.

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Les produits pré-emballés, plus rassurants pour certains en pleine crise sanitaire, ont eux aussi bénéficié d’un regain d’intérêt. La hausse de leurs ventes soulève la question de l’usage du plastique pour l’emballage censé être de plus en plus limité.

R. Borget