Selon les estimations au 1er juillet 2021, l’accélération de la production de fraises en juin a fait chuter les prix de manière brutale. C’est ce que relève Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans sa note d’Infos rapides du 21 juillet 2021.

Les fraises mûrissent grâce aux températures élevées

Les estimations au 1er juillet 2021 restent inchangées, les superficies nationales en fraise 2021 seraient de 3 380 ha, soit un recul de 1 % par rapport à la campagne précédente. Mais elles seraient en hausse de 1 % par rapport à la moyenne sur cinq ans.

La production nationale de fraises réduit légèrement sur un an. ©Agreste

La production de fraises de la campagne 2021 s’élèverait ainsi à 55 946 tonnes, soit une diminution de 4 % par rapport à la production 2020 et de 3 % par rapport à la moyenne 2016-2020.

Après un bon début de saison en termes de développement des plants, les épisodes de gel du mois d’avril ont entraîné un retard végétatif et ont affecté le potentiel de production : les rendements sont en baisse en Nouvelle-Aquitaine et dans le bassin Sud-Est.

Au mois de mai, le temps frais a permis de maintenir un rythme de récolte satisfaisant, sans surproduction.

À la mi-juin, les fortes chaleurs qui ont sévi dans l’hexagone, et notamment la faible diminution des températures nocturnes, ont nettement accéléré le mûrissement des fraises. La tenue des fruits est moins bonne et on constate des pertes.

En Auvergne Rhône-Alpes, des passages orageux en juin ont localement fragilisé certains secteurs, entraînant des pertes et altérant la qualité. L’état sanitaire est toutefois correct avec peu d’attaques de nuisibles. L’essentiel de la production est récolté à ce stade et les variétés remontantes sont maintenant majoritaires.

L’engorgement du marché fait chuter les prix

La demande est présente en début de campagne 2021 et le marché est globalement porteur.

En mars, les prix sont supérieurs à ceux de 2020 et de la moyenne quinquennale, soutenus par une offre encore restreinte et une baisse des importations. Cette situation de prix se poursuit jusqu’en mai grâce à une production contenue par les températures, qui restent fraîches, le gel du mois d’avril ayant par ailleurs réduit le potentiel des récoltes.

Les prix des fraises sont en forte chute au mois de juin 2021 à la suite d’un engorgement du marché. Agreste ©Insee

En juin, les fortes températures font affluer les fraises sur le marché et la concurrence s’accroît entre les différents bassins, tandis que la demande semble se porter également sur les fruits d’été, notamment à noyaux.

L’écoulement du produit est difficile et la fraise ronde entre en crise conjoncturelle le 16 juin pour 4 jours. Une partie de la production est redirigée vers la transformation mais cela n’empêche pas les prix de chuter. En juin 2021, les cours sont inférieurs de 24 % par rapport à ceux de la campagne précédente et de 6 % par rapport à ceux de la moyenne quinquennale.

Sur la période de janvier à mai 2021, les importations (46 600 tonnes) s’élèvent de 22 % sur un an (essentiellement sur avril et mai), à l’instar des exportations (8 100 tonnes) qui progressent dans une moindre mesure, de 7 % sur un an. Le déficit des échanges (- 38 500 tonnes) se creuse tout de même de 25 % en cumulé janvier-mai par rapport à 2020.

Oriane Dieulot