Pour le deuxième mois consécutif, les prix à la production de l’ensemble des produits agricoles augmentent en novembre 2020 : +1,1 % sur un mois, corrigé des variations saisonnières, a constaté d’Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans sa note d’Infos rapides du 23 décembre 2020.

La hausse est toutefois moins marquée qu’en octobre (+2 %), dans un contexte de second

confinement. Sur un an, les prix s’accroissent dans les mêmes proportions (+1 % en données brutes).

Céréales au plus haut depuis le début de l’année

Les prix des céréales sont au plus haut depuis le début de l’année, en forte hausse sur un an et par rapport à la moyenne de 2015-2019, conséquence de la fermeté de la demande extérieure, principalement chinoise, en blé, orge et maïs ; du net recul des récoltes nationales malgré la moindre compétitivité de l’euro face au dollar et la légère pression à la baisse sur les cours mondiaux suite à la révision à la hausse des récoltes dans certains pays.

Les prix des céréales de novembre 2020 sont au plus haut depuis le début de l’année. © Insee — Agreste

Les prix des oléagineux sont aussi les plus élevés de 2020, dans le sillage de ceux du soja et du pétrole. La récolte limitée en colza en France et dans l’Union européenne et les disponibilités limitées chez les deux principaux producteurs mondiaux de tournesol (Ukraine et Russie), y sont pour quelque chose.

Le prix des fruits grimpe sur un an

En novembre 2020, les prix des fruits enregistrent une hausse importante sur un an et par rapport au niveau moyen de 2015 à 2019. Elle est essentiellement portée par les cours des pommes et du raisin. Ceux des noix reculent et ceux des poires restent proches de 2019.

Pénalisés par la douceur des températures, peu favorable à la consommation des légumes de saison, et par la hausse des volumes, les prix du chou-fleur et des salades deviennent nettement inférieurs à ceux de 2019. Ils limitent de fait la hausse de l’ensemble des cours des légumes, malgré la bonne tenue des prix des endives dont l’offre est limitée. Très active en début de second confinement, la commercialisation des légumes se calme ensuite.

La fièvre porcine africaine a pesé sur les cours porcins

En novembre 2020, les prix des animaux reculent sur un mois de 0,4 %. La fermeté des cours des veaux et la stabilité du prix des ovins ne compensent que partiellement le repli des prix des porcins et des autres bovins. Les prix des gros bovins sont toutefois en hausse sur un an, bénéficiant de la bonne tenue de la consommation à domicile, notamment en viande hachée, et privilégiant l’origine française.

Les prix des animaux de boucherie augmentent de 0,4 % sur un mois, en novembre 2020. © Insee — Agreste

L’encombrement du marché européen faisant suite à la crise sanitaire et à la fièvre porcine africaine pèse sur les cours des porcins, notamment français, dans un contexte de second confinement dans l’Hexagone.

Le dynamisme de la demande et la limitation de l’offre soutiennent les cours des ovins sur un an. Ils atteignent des niveaux historiquement élevés.

Les prix des œufs de consommation se contractent nettement par rapport à ceux de 2019, en lien avec la hausse de la production et les incertitudes liées au contexte sanitaire.

R.B.