La filière de la tomate en agriculture biologique est aujourd’hui menacée par une « crise historique », rapporte la Confédération paysanne dans un communiqué le 10 juillet 2020. Face à « l’urgence à redresser la situation », elle appelle à une régulation de la filière, ainsi qu’à limiter la concurrence de l’importation.

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Les marges de la distribution dénoncées

Ralentissement de la consommation, hausse des conversions et donc de l’offre… Le syndicat pointe aussi les distributeurs qui « persistent à utiliser la concurrence de tomates importées, dans le seul objectif de faire pression sur les prix payés aux producteurs, et de conforter leurs marges. » La crise menace les installations récentes, « les coûts de production de la tomate étant presque deux fois supérieurs au prix de vente actuel. »

Redoutant des cessations d’activités et pertes d’emplois, la Confédération paysanne exhorte la distribution à réduire ses marges. D’une part, pour améliorer les prix payés aux producteurs et d’autre part favoriser les achats de tomates bio par les Français. « À plus long terme, la régulation des volumes, des prix et des marges tout au long de la filière est devenue inévitable afin que la production française de fruits et légumes, qui ne fournit plus que la moitié de nos besoins, ne disparaisse complètement », poursuit la Confédération paysanne.

Contrôler les conversions

« Cette régulation doit concerner aussi l’agriculture biologique : les beaux discours sur la croissance de ce marché ne permettent plus d’occulter les situations de surproduction liées à des conversions massives d’immenses ateliers de production, qui fuient les marasmes récurrents des marchés agricoles conventionnels, et à une industrialisation rampante de la bio », déplore-t-elle.

Le syndicat propose de plus d’enrayer la « course aux prix bas générée par la concurrence de l’importation » par la mise en place d’un prix minimum sur le marché français. « Ce mécanisme, qui reposerait sur un meilleur contrôle des activités d’importation, est la condition nécessaire pour enfin enrayer l’effondrement du secteur en France, tout en contribuant à une harmonisation sociale par le haut en Europe », conclut-elle.

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J. Papin