« Sur l’exercice 2019-2020, nous avons exporté 2,4 millions de tonnes de blé au départ du port de Dunkerque vers les pays étrangers », se félicite Joël Ratel, directeur général de Nord Céréales, silo portuaire spécialisé dans le chargement de bateau en haute mer. « Les exportations de céréales représentent 30 % de notre économie nationale », a rappelé Franck Riester, ministre délégué en charge du Commerce extérieur et de l’Attractivité en visite le 31 juillet 2020 à Nord Céréales.

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L’entreprise a alerté Franck Riester sur les freins politiques et réglementaires à la compétitivité française. « La classe politique doit être consciente que les impasses techniques imposées par le législateur seront lourdes de conséquences : abandon des agriculteurs, chute des rendements, retour de maladies toxiques pour l’homme comme l’ergot… Les efforts consentis par l’ensemble de notre filière, tant en termes d’investissements économiques que de réponses aux attentes sociétales ne doivent pas être découragés par des décisions irréversibles », soutient Laurent Bué, président du silo portuaire.

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La Chine, un acheteur « de poids »

La Chine est devenue « un nouvel acheteur de poids » pour l’entreprise dunkerquoise, avec un peu plus de 1,2 million de tonnes de blé achetées, suivi par les clients plus traditionnels, comme l’Égypte avec environ 900 000 t et l’Algérie, avec 430 000 t.

Nord Céréales anticipe les prochaines évolutions de la demande mondiale par une politique d’investissements de grande ampleur : 30 millions d’euros vont être consacrés à la rénovation des installations dans les trois prochaines années.

« Avec la crise, de nombreux pays étrangers ont souhaité sécuriser leurs stocks alimentaires. Ce haut niveau d’exportations rappelle un point essentiel : les pays ne sont pas tous autosuffisants. Au-delà des performances économiques, il y a également des enjeux en termes de sécurité alimentaire à ne pas négliger », affirme Laurent Bué.

Justine Papin