Les lieux de consommation hors domicile sont fermés en France depuis le dimanche 15 mars 2020. Ces fermetures, généralisées en Europe, affectent l’équilibre économique des filières de la pomme de terre. Si les mesures de lutte contre le Covid-19 sont « bien compréhensibles », le CNIPT (1) et le GIPT (2) ont fait part de leur inquiétude dans un communiqué du mardi 24 mars 2020.

En attente de transformation

« La production de pommes de terre industrielles représente près de trois millions de tonnes (Mt) en France, dont plus de 1,5 Mt à destination d’industriels européens. La situation actuelle, le confinement et la fermeture des restaurants ainsi que la baisse du fret vers l’Asie, a un impact négatif fort sur la transformation de pommes de terre en produits surgelés, en France et en Europe », expliquent les interprofessions.

Selon l’UNPT (3), près de 500 000 tonnes de pommes de terre françaises sont stockées et pourraient ne pas être transformées avant la fin de la campagne. « La hausse de la consommation de produits transformés et de pommes de terre fraîches en magasins ne permettra pas d’absorber des volumes suffisants. Les féculeries, qui travaillent plus de 1 Mt de pommes de terre spécifiques sous contrat, sont aujourd’hui fermées, en cours de nettoyage et de maintenance intercampagne », déplore la filière.

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Recherche de débouchés

« En concertation, la filière de la pomme de terre à destination des industries de transformation et celle de la pomme de terre vendue à l’état frais étudient toutes les alternatives en termes de débouchés sans déstabiliser des équilibres déjà fragiles : alimentation animale, méthanisation, transformation en alcool, stockage public qui pourraient permettre de diminuer les stocks de pommes de terre. »

La filière craint, à très court terme, une situation « très critique en termes économique, sanitaire et environnemental », et travaille avec le ministère de l’Agriculture pour trouver des solutions. « La situation exceptionnelle et le report potentiel de certains volumes transformés en juillet et août oblige chacun à prendre ses responsabilités sur les plantations à venir », concluent les organisations.

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Justine Papin

(1) Comité national interprofessionnel de la pomme de terre

(2) Groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre

(3) Union nationale des producteurs de pommes de terre