Alors que la production française de pommes a reculé en 2017 de 3 % en un an, le chiffre d’affaires national a de son côté progressé de 8 % sur la période allant de septembre 2017 à avril 2018.

« Ce rebond s’explique par la forte hausse des prix à la production qui fait plus que compenser la baisse des volumes récoltés », commente Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans une note parue le 16 juillet 2018.

Cette progression profite à toutes les régions, à l’exception de la vallée du Rhône qui, à l’inverse, affiche une baisse de 8 % et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), en recul de 3 %. À l’origine de ce repli, le gel au printemps a entraîné une baisse de la production plus prononcée dans ces deux régions que dans le reste de la France, à hauteur de 12 % pour la première et de 10 % pour la seconde.

Production de 2018 comme celle de 2017

Du côté de la production, l’année 2018 s’annonce équivalente à celle de 2017, prévient Agreste. Autrement dit aussi mauvaise puisqu’elle reste inférieure de 6 % à la moyenne de 2013 à 2017.

Dans le détail : en Région Paca, la végétation est en retard de 10 jours. La floraison est abondante, mais les précipitations entraînent de la coulure et des chutes de fruits. La production s’annonce d’un bon niveau en Provence. Dans les Alpes, la production 2018 reviendrait à la normale.

Dans la vallée de la Garonne, le gel et les précipitations ont affecté la floraison. La variété Gala serait la plus touchée. La baisse de la production serait de 9 % sur un an. Dans le Languedoc et le Roussillon, la surface en production diminuerait de 2 % sur un an à la suite d’arrachages de goldens. La production se maintiendrait sur un an. Dans les Pays de la Loire, les surfaces et rendements de la golden sont en baisse de 3 % sur un an, s’accompagnant d’une légère baisse des surfaces (–1 %).

En Aquitaine, la production s’annonce inférieure de 15 % à celle de 2017. En Limousin, la production retrouverait un niveau de production standard, après la faible récolte de l’an passé. Dans la vallée du Rhône, la production est en revanche prévue supérieure à celle de 2017. Dans le Centre-Val de Loire, la récolte retrouverait également un bon niveau, après la petite récolte de 2017.

Calibres incertains

« Ces premières estimations restent provisoires en raison de l’incertitude concernant les calibres à venir des fruits », précise Agreste. Leur taille dépendra de la disponibilité hydrique des sols en été et en automne.

Enfin, les volumes à l’exportation vers l’Europe progressent de 7 % sur un an, dans un contexte de faibles récoltes européennes lié au gel au printemps. Cette hausse concerne surtout les pays du nord de l’Europe.

Rosanne Aries