« Nous condamnons fermement l’intrusion des “faucheurs volontaires” sur notre site d’Écully (Rhône) », a déclaré Jean-Marc Petat, directeur du développement durable, de la communication institutionnelle et des affaires publiques de BASF France le 26 juin 2018.

En effet, lundi 25 juin une quinzaine de militants de la Confédération paysanne se sont rendus au siège de BASF, division Agro dans le but de dénoncer les variétés tolérantes aux herbicides (VTH), qu’ils estiment être des OGM cachés.

« À aucun moment, comme l’affirme la Confédération paysanne, « BASF – ne – trompe les paysans », ajoute la firme. Le système de production Clearfield a été développé en toute transparence dans le respect de la réglementation sur les semences et phytosanitaire en vigueur. Il fait l’objet d’un suivi régulier au travers d’un plan d’accompagnement associant les filières agricoles concernées et les autorités et instances scientifiques françaises. »

Arguments des militants incohérents

BASF rappelle ainsi que « ces variétés sont classiques et ont été obtenues avec des lignées issues d’une technique de sélection appelée la mutagenèse. Celle-ci, mise au point par la recherche publique française il y a plus de 50 ans bénéficie à de nombreuses espèces cultivées en agriculture bio comme conventionnelle. »

« Notre réponse reste toujours la même : ces technologies ne sont pas spécifiques de Clearfield, complète Jean-Marc Petat. Et si la Confédération paysanne avait été sérieuse, elle se serait souciée de la mutagenèse il y a longtemps. Quant à la technique de la multiplication de microspores, qu’ils considèrent comme OGM, elle est utilisée depuis trente ans. »

« L’organisation internationale de l’agriculture biologique, l’Ifoam, a reconnu en novembre 2017 que les variétés obtenues par ce type de technique pouvaient être cultivées en agriculture biologique », informe de plus BASF.

L’exemple du triticale

« S’ils allaient au bout de leur logique, les faucheurs devraient également dénoncer le triticale obtenu en laboratoire dans les années soixante, considère par ailleurs la firme. Il s’agit d’un hybride (amphiploïde) entre le blé (dur ou tendre) et le seigle. La technique employée – l’amphiploïdie – consiste au doublement du stock chromosomique à l’intérieur des cellules. Ce phénomène permet de lever la stérilité des plantes hybrides. Le triticale est une variété reconnue et qui est actuellement cultivée par les agriculteurs bio et conventionnels avec de grands bénéfices sur 350 000 hectares en France. »

« Nous avons rappelé à la Confédération paysanne que s’il y avait un débat ce serait avec un tiers indépendant au niveau européen, car la technologie Clearfield n’est pas seule concernée par ces questions, ni BASF d’ailleurs », conclu Jean-Marc Petat.

C.F.