Des avancées sur le développement de plusieurs produits de biocontrôle « complètement innovants et très prometteurs » ont été réalisées dans le cadre du projet Smart Biocontrol, a-t-il été assuré le 10 décembre 2020.

Ce programme, transfrontalier avec la Belgique, a mobilisé 24 partenaires ces quatre dernières années (centres de recherche, universités, associations d’agriculteurs…).

Des lipopeptides comme biostimulants et biopesticides

Le projet le plus mature concerne les lipopeptides de Baccillus. « Un biostimulant à base de lipopeptide sera mis sur le marché en 2021 », a annoncé Philippe Jacques, l’un des coordinateurs du programme, lors d’une conférence de presse.

Des usages biopesticides sont également prévus, mais ces produits sont plus longs à homologuer. Les experts estiment qu’il faut compter un délai de 2 à 3 ans pour entrer sur le marché américain, et 5 ans dans l’Union européenne. « Les lipopeptides sont notamment actifs contre la septoriose du blé, la tavelure du pommier, ou encore le botrytis sur laitue », a expliqué Louis Lippens, chercheur flamant.

Philippe Jacques a également listé d’autres « success-stories » :

  • Des Pseudomonas (bactéries) comme nouvelle source de lipopeptides.
  • Des rhamnolipides (surfactants) modifiés plus actifs pour la protection des plantes (tomate, blé, riz…) contre des champignons et oomycètes pathogène.
  • Une combinaison mycorhizes-polysaccharides qui améliore notamment la protection du blé contre l’oïdium en conditions contrôlées.

Base de données et fiches techniques

D’autre part, le projet a permis de développer d’autres outils dans le but d’encourager le recours à ces produits :

  • Une base de données des agents de biocontrôle, avec 129 produits homologués en France et/ou en Belgique recensés.
  • Des fiches techniques pour quinze biofongicides utilisables sur blé, carotte, laitue, pomme et fraise. Elles contiennent des informations générales et spécifiques à l’application, ainsi que des résultats d’essais. Elles devraient être mises en ligne sur le site internet du projet dans les prochaines semaines.

Hélène Parisot