Les mois se suivent et se ressemblent, note MeteoNews dans son bilan paru le jeudi 5 avril 2018. Après la relative accalmie de février, le courant dépressionnaire a repris du poil de la bête en mars, occasionnant un véritable défilé de perturbations, et donc des précipitations fréquentes et abondantes sur l’ensemble du pays.

Un excédent de 75 %

Excédentaires partout à l’exception des frontières du nord-est, les cumuls mensuels de pluie sont trois à cinq fois plus importants qu’habituellement autour de la Méditerranée, éloignant un peu plus la sécheresse si bien installée ces dernières années. La France a reçu en moyenne nationale 96 mm d’eau (pluie et neige) pour une normale de 55 mm de 1981 à 2010, soit un excédent important de 75 %.

Depuis 1946, seuls quatre mois de mars ont été plus arrosés que cette année : 1947, 1978, 1979 et 2001 (record cette dernière année avec 132 mm). Et un mois de mars a reçu la même quantité que cette année : 2006.

Pluie : +54 % pour le premier trimestre

Le premier trimestre de 2018 a été particulièrement arrosé avec 274 mm de pluie en moyenne nationale. Avec une normale à 178 mm, l’excédent est de 54 % pour les trois premiers mois. Trois années ont fait « mieux » : 1988 (277 mm), 1979 (287 mm) et surtout 1978 (301 mm). Le premier trimestre de 2018 se place ainsi en quatrième position des premiers trimestres les plus pluvieux.

Il est à noter par ailleurs des chutes de neige tardives sur la plupart des régions, y compris le Finistère, Ouessant ou encore Marseille entre le 18 et le 20. Un phénomène local exceptionnel a concerné une partie du Val-d’Oise durant cette période avec une forte chute de neige, donnant une trentaine de centimètres de neige dans le secteur de Saint-Leu-la-Forêt.

Le « Moscou Paris »

Dans le prolongement du froid de février, mars est resté frais. Après les fortes gelées du 1er mars, des conditions hivernales sous un « Moscou Paris » se sont à nouveau invitées entre le 17 et le 23, faisant même tomber des records de froid diurnes pour une seconde quinzaine de mars.

Si les nuits n’ont globalement pas été trop froides en dehors du nord-est où il a parfois fait jusqu’à près de –10°C, les journées ont été exceptionnellement froides, en particulier les 18 et 19.

La moyenne nationale atteint 7,8°C, soit un déficit thermique de 0,6°C.

Il est à noter que mars 2018 a été plus froid que janvier qui affichait une moyenne mensuelle de 8,2 degrés. Cet événement, bien que rare, n’est pas inédit : en 1975 et 1962, entre autres, mars avait été plus froid que janvier. Le déficit a été plus marqué sur le quart nord-est et en altitude durant le mois.

Encore un mois obscur

Après la pause de février qui a presque atteint son quota d’ensoleillement à trois heures près, mars a renoué avec une très importante couverture nuageuse sur la plupart des régions. En conséquence, la durée d’ensoleillement est généralement faible, voire très faible.

La durée moyenne nationale n’est que de 112 heures de présence du soleil pour une moyenne de 1981 à 2010 de 156 heures, soit un déficit de 28 %. L’absence quasi totale de conditions anticycloniques explique ces chiffres au ras des pâquerettes.

Les extrêmes du mois sont 59 heures de soleil pour la station la moins ensoleillée à Rouen, et 200 heures à Marseille, ville la plus ensoleillée. Les 271 heures du premier trimestre sont la troisième valeur la plus faible derrière 2013 (270 heures) et 2001 (258 heures).

F.M.