La filière de la luzerne déshydratée s’est engagée, dans le cadre de son plan « Luzerne 2026 », à réduire de deux tiers ses émissions unitaires de CO2 par rapport à 2012. « Nous avons bon espoir pour cette transition », a indiqué Yann Martinet, directeur de La Coopération Agricole — Luzerne de France, le 18 janvier 2021.

Yann Martinet, directeur de La Coopération Agricole (LCA) – Luzerne de France, Éric Masset, président de LCA — Luzerne de France et Pierre Bégoc, directeur général de Désialis, ont tenu une conférence de presse le 18 janvier 2021. © Hélène Parisot

Réduction de l’usage d’énergie fossile

La filière est passée de 740 000 tonnes d’émissions nettes de CO2 en 2005 à environ 130 000 tonnes en 2020. « En 2025, il restera 60 000 à 80 000 tonnes de CO2 d’origine fossile. Si l’on regarde les émissions unitaires (1), et c’est ce sur quoi porte notre engagement, on arrivera donc à diviser par dix nos émissions, assure Yann Martinet. En 2005, nous émettions 0,760 tonne de CO2 pour produire une tonne de luzerne déshydratée. On sera à 0,078 tonne en 2025, sur la base des engagements contractuels pris par les coopératives dans le cadre du plan de relance. »

Si l’objectif fixé est atteint, a filière aura réduit de plus de 90 % ses émissions de CO2 par comparaison à 2005.

Du bois plutôt que du charbon

Avant 2012, la filière avait déjà commencé à développer le préfanage à plat et à installer des injecteurs biomasse dans les usines de déshydratation. « L’objectif est de poursuivre sur cet élan, tout en améliorant notre mix énergétique. Petit à petit, nous substituons le charbon par des plaquettes de bois forestier, a-t-il expliqué. Les plus grosses coopératives sont déjà très avancées. » Luzéal, premier opérateur français, a par exemple déjà engagé plus de 70 % de substitution.

Pour l’heure, la ressource en biomasse est là, mais une compétition d’usage pourrait naître à l’avenir. C’est pourquoi la filière a travaillé sur la structuration de l’amont, via des dispositifs étatiques garantissant l’approvisionnement des usages non substituables pendant 15 ans.

> À lire aussi : Paiements pour services environnementaux : l’interprofession de la luzerne veut faire valoir ses atouts (05/03/2021)

Hélène Parisot

(1) Émissions ramenées à la tonne produite.