Les bilans se suivent et confirment la tendance générale : l’année 2020 a été parmi la plus chaude au niveau mondial. Cette fois, c’est l’organisme européen Copernicus, chargé par l’Union européenne d’observer la Terre, qui l’annonce le 8 janvier 2021. L’année qui s’achève rejoint 2016 en tant que la plus chaude sur Terre. D’ailleurs, toute la décennie a été la plus chaude jamais enregistrée.

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Chaud au nord

L’Europe n’échappe pas à la règle. L’hiver 2020, c’est-à-dire de décembre 2019 à février 2020, affiche une température moyenne supérieure de 1,4°C à celui de 2016 qui était déjà le plus chaud enregistré. L’automne 2020 a dépassé de 0,4°C le plus chaud de 2006.

L’Arctique et la Sibérie ont connu la même évolution. Certaines régions de ces zones ont connu une hausse de 6°C de leur température moyenne pour l’année. De plus, la saison des incendies a été exceptionnellement intense dans ces régions, libérant au passage un tiers de plus de gaz carbonique que l’année déjà record de 2019.

D’une façon générale, l’hémisphère Nord a eu chaud, à l’exception d’une région au centre de l’Atlantique Nord. Les données, qui seront précisées en avril par Copernicus, sont cohérentes avec les rapports locaux déjà sortis par Météo-France.

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La Niña ne suffit pas

Il reste à expliquer ce phénomène. En 2016, une bonne part de l’explication reposait sur le phénomène El Niña rencontré au début de l’année. El Niña est un phénomène cyclique de courant chaud dans le Pacifique Sud.

En 2020, ce n’est pas ce phénomène qui s’est produit. Au contraire, la planète a connu son pendant, La Niña, qui se traduit par une température anormalement basse des eaux du Pacifique.

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En 2020, les incendies en Australie et en Arctique n’ont pas vraiment pesé dans l’augmentation du taux de gaz carbonique, en tout cas beaucoup moins que les incendies en Indonésie en 2016.

Le gaz carbonique se concentre

Pour Copernicus, l’explication aux records de chaleur est donc à chercher dans l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre, en particulier de gaz carbonique.

En 2020, le taux de gaz carbonique a augmenté de 2,3 ppm pour atteindre 413 ppm, soit un taux de croissance légèrement inférieur à celui de 2019 malgré un confinement généralisé. C’est moins aussi que les relevés de 2015 et 2016 qui s’expliquaient entre autres par les conséquences d’El Niño.

Le service mondial Global carbon project estime que le confinement a réduit de 7 % les émissions de gaz carbonique. Et malgré ça, le rythme des concentrations reste soutenu. « Tant que les émissions mondiales nettes ne sont pas réduites à zéro, le gaz carbonique continuera de s’accumuler dans l’atmosphère et entraînera de nouveaux changements climatiques », estime Vincent-Henry Peuch, le directeur du service de l’atmosphère à Copernicus.

Éric Young