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À huit sur 900 hectares pour écraser les charges

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Grâce à la Sep, Sonia et Simon Meirhaeghe se sont installés et lancés dans le bio plus facilement. © Chantal Urvoy

Sonia et Simon Meirhaeghe, 38 ans, sont installés à Feuges, sur 115 ha en conversion biologique. Leur particularité : faire partie d’une Sep (1) et d’une Cuma (2) avec six autres exploitants sur un total de 895 ha.

La Sep du Signal a été créée en 2005 par sept exploitations déjà en Cuma, pour réaliser un assolement commun. Puis, en janvier 2018, une deuxième Sep, celle de Terobio, naît avec trois des exploitations qui décident de passer au bio. Sonia et Simon en font partie.

Des charges de structure mutualisées

Dans une Sep, les exploitations conservent leur structure juridique mais mutualisent leurs charges de structure, le parcellaire, la prise de risque et les marges. « Remplacer le père de Simon dans la Sep Terobio en 2018, était intéressant financièrement, explique Sonia. En 2009, en Saône-et-Loire, nous étions seuls pour nous installer. Ce qui avait été lourd sur le plan financier. D’autre part, nous avions quitté la région quinze ans durant. Nous avons alors bénéficié de l’aide de nos collègues de la Sep pour nous réinsérer localement. »

La Cuma gère le matériel, le gasoil, les assurances et les bâtiments pour le compte des deux Sep. Ces dernières achètent les intrants. Les charges de structure sont de 250 €/ha contre 450 €/ha pour les seules charges de mécanisation en système équivalent dans l’Aube. « Cela a permis aux sept exploitations de rester rentables malgré une surface de 110 ha en moyenne par exploitant. C’est aussi la possibilité d’avoir du matériel de pointe pour le bio », détaille Sonia.

Réunion tous les lundis

Pour les cultures industrielles (luzerne, chanvre, œillette, betterave…), le produit de la vente revient à l’exploitant détenteur du contrat, même si les surfaces n’ont pas été produites chez lui, car la Sep n’est pas reconnue par toutes les structures. En revanche, les céréales et les protéagineux sont commercialisés par elles.

« Un pourcentage de chaque culture est défini pour tous, par exemple 24 % pour le blé, 12 % pour l’orge de printemps sur la Sep Terobio en 2018-2019. Ensuite, une marge brute est calculée par culture de manière à rémunérer chacun au prorata de sa surface, hors cultures industrielles. »

Côté organisation du travail, c’est une petite entreprise. Un bâtiment abrite des bureaux communs. Une réunion a lieu tous les lundis matin pour planifier la semaine, et chacun a sa spécialité. « La Sep permet de briser la solitude de l’exploitant, de développer de nouvelles idées et de se lancer plus facilement dans des projets innovants. S’il faut plus de temps pour prendre des décisions, une fois prises, on va plus vite ! », apprécie Sonia.

Chantal Urvoy

(1) Société en participation. (2) Coopérative d’utilisation de matériel agricole.

Le groupe se fait coacher

Le passage en bio, la moindre présence de certains exploitants en raison de responsabilités professionnelles extérieures, et l’arrivée de la nouvelle génération ayant quelque peu bouleversé l’organisation, le groupe a suivi une formation cet hiver de façon à continuer à travailler ensemble. Depuis, il est coaché afin de relever ce défi.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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