La CR rappelle en effet que dans un arrêté du 5 mai 2018, le gouvernement français autorise les importations de cerises fraîches en provenance de la Turquie.

« Toutefois, l’utilisation du diméthoate – qui était pourtant à l’origine de la clause de sauvegarde justifiant cet arrêté – est toujours possible dans ce pays, explique la Coordination rurale dans un communiqué. Alors que la campagne de commercialisation vient de débuter pour les cerises françaises, les producteurs sont mécontents et très inquiets par cette évolution réglementaire. En effet, la Turquie produit plus de 800 000 tonnes de cerises par an (20 fois plus que la France) avec des normes différentes des standards européens et où l’utilisation du diméthoate est toujours autorisée ».

« C’est vraiment nous prendre pour des idiots »

Jean-Louis Ogier, président de la section des fruits et légumes de la Coordination rurale, est furieux : « Il y a deux ans, on interdit aux producteurs de lutter efficacement contre Drosophila suzukii en supprimant le diméthoate. Derrière, l’Anses autorise quatre produits bien plus chers et moins efficaces et le gouvernement nous fait miroiter une protection (économique) en déclenchant une clause de sauvegarde vis-à-vis des pays utilisant encore le diméthoate. Deux ans plus tard, tout est oublié ! C’est vraiment nous prendre pour des idiots et les consommateurs avec ! »