Lors d’une conférence de presse le 10 janvier 2020, le Groupe Soufflet a présenté le bilan de son exercice de 2018-2019, marqué par « l’émergence de nouveaux marchés, de nouvelles attentes sociétales et une évolution réglementaire, notamment la fin des 3R et la séparation du conseil et de la vente », résume Jean-Michel Soufflet, président du directoire du groupe.

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De bons résultats

Avec 4,866 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2018-2019, le Groupe Soufflet affiche une croissance de 9 % par rapport à l’exercice précédent (4,4 milliards d’euros). « L’augmentation de volumes de la plupart de nos activités et la hausse des prix de l’orge et du blé, nos principales matières premières sont à l’origine de ce résultat en augmentation », indique Marie-Ange Mathieu, directrice administrative et financière du Groupe. La sécheresse dans le nord de l’Europe et les moins bonnes récoltes dans la zone de la mer Noire ont contribué à une montée des cours de céréales de l’ordre de 30 €/t.

61 % de ce chiffre d’affaires est réalisé à l’étranger, une partie au départ de France, l’autre issu de l’implantation à l’étranger. La collecte totale s’élève à 5,64 millions de tonnes (Mt), « en léger retrait, note Marie-Ange Mathieu, essentiellement lié aux rendements en baisse. L’exercice précédent avait cependant terminé avec des stocks hauts ». Environ 4 Mt ont été collectées en France, et 1,6 Mt à l’étranger.

Forte présence internationale

43,1 % des sites industriels du Groupe se situent à l’étranger. « Nous continuons une stratégie d’accompagnement à l’internationale, explique Jean-Michel Soufflet. Il s’agit d’identifier les besoins en panification à l’étranger, pour livrer les variétés répondant à ces critères. »

Le Groupe se félicite d’une bonne campagne d’exportation, avec 9 Mt de céréales envoyées vers les pays tiers. Près de la moitié de ce volume est à destination de l’Algérie. « Il existe une relation de dépendance entre la France et l’Algérie, qui n’achète pas du blé en Russie, préférant le marché français pourtant plus cher », analyse Jean-François Lépy, directeur général de Soufflet négoce.

La farine est au contraire peu exportée, à hauteur de 5 %. « Nous avons complètement perdu pied sur le marché des exportations, les Turcs protégeant leur industrie en subventionnant les meuniers à l’exportation, déplore Jean-Michel Soufflet. Sans cela, la France pourrait être compétitive sur ce secteur. »

Des investissements

L’entreprise a réalisé de nombreux investissements : extension du silo de Metz, nouveau moulin de Corbeil (Essonne), nouveau moulin bio à Lozanne (Rhône), nouvelles lignes de production pour l’activité de la boulangerie et de la viennoiserie… Une malterie a aussi été construite en Éthiopie, et les travaux pour une nouvelle station de semences (maïs, colza, tournesol) en Roumanie, à destination de l’Europe, ont été entrepris. À Rouen, des travaux d’amélioration du chargement du silo vont être engagés.

Développement des filières et montée en gamme

Le Groupe Soufflet s’axe sur le renforcement de ses filières et mise sur la montée en gamme de ses activités de meunerie et de malterie, en développant le bio. Le premier moulin bio du Groupe, à Lozanne (Rhône), d’une capacité de 24 000 t/an, a été inauguré en avril 2019. Soufflet dispose de 9 sites certifiés AB et s’est engagé à accompagner les agriculteurs en conversion.

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Du côté de la malterie, « l’offre bio existe depuis de nombreuses années, à destination des artisans brasseurs, indique Christophe Passelande, le directeur général du groupe. La nouveauté, c’est qu’on voit l’ensemble de nos clients s’intéresser à ce marché. Nous sommes les seuls à pouvoir produire l’ensemble de la gamme de malt sur le territoire français. Mais aujourd’hui le marché de la consommation évolue plus vite que celui de la production, nous avons encore du mal avec le 100 % origine française. »

J.P.