Les prix des céréales ont peu évolué au cours de la semaine. Le blé tendre est parvenu à conserver son gain réalisé la semaine précédente, avec un rendu Rouen (qualité meunière) qui reste à 160 €/t. Même constat pour le rendu La Pallice à 163 €/t, qui avait progressé nettement la semaine dernière du fait d’un courant d’exportation, la zone d’approvisionnement de ce port offrant cette année une qualité nettement supérieure à celui de Rouen.

Euronext est à l’unisson, avec une cotation quasi inchangée depuis la semaine dernière. Les prix mondiaux ont été soutenus par les dernières nouvelles en provenance de l’Australie, où le froid pourrait avoir coûté des quintaux au blé, mais avec une production qui reste toutefois attendue à un très haut niveau, tandis que les pluies font peser le risque d’une dégradation qualitative.

Forte hausse des importations indiennes

Les perspectives d’importations en forte hausse pour l’Inde se confirment, avec la baisse des taxes à l’importation de 25 % à 10 %, annoncée par le gouvernement. Le pays est confronté à une réduction draconienne de ses stocks à la suite des deux mauvaises récoltes, mais l’hypothèse d’un retour à des achats conséquents sur le marché mondial est déjà intégrée dans les prix. Le contexte mondial reste donc globalement dominé par l’abondance de l’offre, notamment dans la zone de la mer Noire, où les exportations sont dynamiques.

En blé dur, on s’achemine vers une campagne pour 2016-17 marquée par une tension concernant le blé de bonne qualité à l’échelle internationale. Après les déboires essuyés par l’UE (Union européenne), c’est au Canada que la qualité s’avère fortement dégradée par les pluies. Cela devrait conduire à un marché du blé dur globalement lourd, mais avec une grande partie de la récolte constituée par des blés de basse qualité.

La récolte française de maïs avance lentement

En maïs, les cotations françaises ont également bien résisté cette semaine. Le Fob Bordeaux reste proche de 160 €/t tandis que la récolte française avance lentement : 4 % réalisés au 26 septembre, selon FranceAgriMer. La production tricolore va être très faible cette année, mais cela sera en partie compensé au niveau européen par d’excellentes récoltes attendues en Europe centrale, notamment en Hongrie.

Le maïs US (américain) affiche lui aussi une certaine stabilité, mais les autres principales origines (Ukraine, Argentine, et surtout Brésil) se replient avec des perspectives de bilan mondial qui demeurent lourdes. Un nouvel élément pourrait venir compliquer la donne : l’autorisation délivrée par les autorités chinoises d’exporter du maïs.

Le géant asiatique n’avait pas exporté de volumes conséquents depuis 2006-07, mais pourrait revenir sur le marché mondial compte tenu de stocks colossaux engendrés par une politique favorable à la production de maïs ces dernières années. Les questions concernant ces éventuelles exportations sont nombreuses : le prix sera-t-il compétitif ? La qualité sera-t-elle suffisante pour convaincre les importateurs ? Quels volumes seront concernés ? Cela risque toutefois de contribuer à peser sur les prix.

Les prix de l’orge brassicole s’affaissent légèrement en variété d’hiver, mais sont inchangés en variété de printemps. L’orge fourragère profite du maintien en blé pour tenir bon, à 132 €/t en rendu Rouen.

La récolte mondiale de soja pèse sur les prix

Contrairement à la semaine dernière, l’ensemble du complexe oléagineux a été orienté à la baisse cette semaine sous l’influence des excellentes récoltes états-unienne et canadienne, d’une part, et de la baisse du prix des huiles de palme, d’autre part. La timide remontée du pétrole après les négociations entre membres de l’Opep n’a pas réussi à influencer beaucoup les graines.

Enfin, le marché est actuellement dans l’expectative d’un rapport de l’USDA (ministère américain de l’Agriculture) qui fera le point sur les stocks US au 1er septembre, les stocks de soja étant attendus élevés. À 349 $/t sur l’échéance rapprochée de Chicago, les graines de soja ont perdu presque 10 $/t depuis la semaine dernière.

Récolte historique aux États-Unis

Les opérations de récolte du soja aux États-Unis restent à la traîne par rapport au rythme des cinq dernières années (10 % récoltés au 25 septembre contre 13 % en moyenne) mais elles avancent quand même (4 % la semaine dernière). Les retours de rendements sont excellents si bien que les États-Unis sont en route pour engranger presque 115 millions de tonnes de graines (107 millions de tonnes en 2015), un record historique !

Au Brésil, les semis de soja pour la récolte du printemps de 2017 démarrent tout juste. Après les bonds de surface des quatre dernières campagnes, la sole de soja au Brésil est attendue à un niveau assez proche de l’an dernier. Malgré tout, avec la progression de son rendement, ce pays pourrait lui aussi se diriger vers une récolte record de plus de 105 millions de tonnes, contre 100 millions de tonnes pour la récolte de 2016. La situation mondiale du soja s’annonce donc bien confortable, plutôt lourde, pour la saison 2016-17 même si les incertitudes demeurent encore élevées puisque le cycle cultural de l’Amérique du Sud commence seulement.

Le colza en baisse

Les prix du colza sont aussi à la baisse cette semaine des deux côtés de l’Atlantique. Le colza français perd 2,75 €/t en Fob Moselle à 377,5 €/t, et 0,75 €/t à Rouen à 376,5 €/t. Le canola canadien vaut, lui, 355 US $/t (–5 $/t). Au Canada, la récolte de canola avance bien et les rendements constatés sont bons à très bons. La récolte pourrait s’approcher des 19 millions de tonnes, ce qui représente une hausse par rapport à 2015.

En Australie aussi, les perspectives de rendement sont revues à la hausse et cela pèse sur les prix mondiaux. Ces bons résultats viennent légèrement détendre la situation mondiale du colza qui s’annonce néanmoins tendue, les stocks de fin de campagne étant prévus bas à cause du recul en Europe, en Ukraine et en Chine.

La situation mondiale du tournesol s’annonce confortable, surtout avec les bons échos de récolte en provenance de la mer Noire. Néanmoins, les chantiers sont encore en cours dans cette région du monde qui compte pour beaucoup dans l’équilibre du bilan mondial. Cette incertitude sur les résultats finaux a permis aux prix du tournesol (360 €/t à Saint-Nazaire) de résister à la baisse du soja et du colza.

Recul des tourteaux dans le sillage des graines

Sous l’influence du prix des graines et de l’avancée de la récolte aux États-Unis, les prix du tourteau de soja ont chuté cette semaine. Ils reculent de 11 $/t à Chicago à 328 $/t, et perdent 7 €/t à Montoir. L’influence à la baisse se fait aussi ressentir sur les pois fourragers qui perdent 2,5 €/t en départ Marne à 215 €/t.

À suivre : politique d’importation en blé de l’Égypte, avancée des semis de céréales d’hiver dans la zone de la mer Noire et aux USA, dégradation de la récolte de céréales à paille en Australie, semis de soja au Brésil et récolte aux USA, récolte de tournesol dans la zone de la mer Noire.

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