Le marché tourne au ralenti en cette période de fêtes et cela pèse sur les prix. Le blé français abandonne ainsi entre 2 et 4 €/t selon les places : –2 €/t à Rouen (à 200 €/t), –4 €/t en Moselle (à 192 €/t). La tendance est la même, bien que plus douce, pour l’échéance de mars 2019 sur Euronext : –1 €/t, à 203,5 €/t.

La Russie reste aux affaires

Les marchés français et européens ont suivi l’affaissement de Chicago en cette fin d’année et la stabilisation, pour l’instant, du marché russe. C’est de ce front russe que sont arrivées les nouvelles les plus importantes cette semaine. Le ministère de l’Agriculture russe avait annoncé la semaine dernière qu’il relevait de 35 à 37 millions de tonnes sa prévision des exportations de blé du pays, mais n’avait pas mentionné la mise en place de nouvelles restrictions.

Depuis, au cours de cette semaine, l’office russe de la statistique (Rosstat) a mis à jour son estimation de la récolte légèrement au-dessus de la précédente à 72,1 millions de tonnes maintenant. Cela vient conforter la possibilité pour la Russie d’exporter sans doute un peu plus de blé que prévu initialement même si la prévision du ministère à 37 millions de tonnes continue d’apparaître irréaliste.

Par ailleurs, alors que cela avait été présenté comme improbable il y a quelques semaines, le gouvernement russe a annoncé la remise en place au 1er février d’une subvention pour le transport des céréales à partir des régions très éloignées des ports (Sibérie) vers la partie européenne du pays. Cette mesure semblait au départ destinée à faire face aux besoins intérieurs de l’ouest du pays mais il apparaît maintenant que les expéditions vers les régions de Rostov et de Krasnodar (zones de pré-exportation) pourront en bénéficier… Ces éléments repoussent donc encore momentanément l’impact haussier sur les prix que devrait exercer la réduction des offres russes en seconde moitié de campagne.

Le blé européen hors jeu au Maroc

L’autre nouvelle importante cette semaine provient du Maroc : ce pays maintient en place la suspension des droits d’importation sur le blé jusqu’à la fin du mois d’avril. C’était déjà le cas depuis octobre mais il n’était pas clair jusqu’à maintenant si le gouvernement maintiendrait ou non cette suspension. Le maintien signifie que les quotas à droits réduits, dont bénéficient les États-Unis et l’Union européenne, ne seront d’aucune utilité pour les exportations de ces deux régions vers le Maroc et que cela laisse une grande place libre aux flux de la mer Noire vers le Maroc tant que les disponibilités le permettent.

Du côté haussier, il convient toute de même cette semaine de mentionner l’Argentine ou la récolte se poursuit. IL reste qu’elle n’est pas encore très avancée dans le centre-ouest de la province de Buenos Aires où des pluies importantes sont encore annoncées. Les craintes qualitatives font monter les prix argentins de 2 $/t cette semaine.

La demande chinoise d’orge recule

L’orge fourragère suit le blé et perd entre 2,00 et 4,00 €/t cette semaine à 199,.. €/t rendu Rouen et 193,00 €/t Fob Moselle. La Jordanie vient d’annuler un appel d’offres pour 120 000 tonnes et le marché pâtit du manque d’activité. La Chine demeure un gros point d’interrogation sur ce marché.

Elle devrait finalement importer moins que prévu en début de campagne et se reporter sur d’autres céréales comme le maïs et le sorgho. Néanmoins, cette bascule reste à confirmer et dépendra de l’issue des négociations commerciales entre la Chine et les États-Unis. La chute des prix fourragers entraîne aussi celle de l’orge d’hiver brassicole, les orges de printemps, elles, restant stables.

Le maïs rallie lui aussi la baisse

Les prix du maïs cèdent environ 1,00 €/t cette semaine rendu La Pallice à 173,00 €/t, et restent stables dans l’est de la France à 176,00 €/t Fob Rhin. Sur le marché mondial, les prix abandonnent entre 3 $/t en Ukraine et 2 $/t aux États-Unis dans un contexte de bonnes perspectives pour les récoltes qui vont arriver en Amérique du Sud (pluies au Brésil et en Argentine). À cela s’ajoutent les incertitudes sur les volumes de maïs que la Chine a, ou va, acheter aux États-Unis en cette fin d’année.

Du côté européen, la semaine a été marquée par une forte révision en hausse par la Commission européenne de la récolte de maïs de l’Union européenne, à 67 millions de tonnes contre près de 62 millions de tonnes auparavant. Avec ce nouveau chiffre, la Commission estime à +3 millions de tonnes la progression de la récolte entre 2017 et 2018.

Cette estimation apparaît très élevée et nous maintenons de notre côté un chiffre beaucoup plus modéré de 60,2 millions de tonnes (+0,8 million de tonnes). Néanmoins, même avec une récolte modeste, l’offre de maïs est très élevée cette année dans l’Union européenne à cause de la forte attractivité des importations.

Le soja encore sous pression

Alors que le shutdown bloque le fonctionnement de la plupart des administrations américaines, les marchés continuent de s’inquiéter pour l’économie américaine et mondiale. Le pétrole recule encore de 3 % cette semaine à moins de 45 $ le baril à New York. De plus, malgré des discussions prévues au début de janvier entre les gouvernements chinois et américain sur l’établissement de nouveaux accords sur leurs tarifs douaniers, aucun nouvel achat chinois de soja américain n’a été enregistré cette semaine.

Les ventes hebdomadaires des États-Unis sont, de plus, particulièrement décevantes, aucune vente majeure ne s’étant matérialisée vers d’autres destinations. Ainsi le soja recule encore à Chicago, de 9 $/t sur février 2019, et de 4 $/t sur mai 2019. L’avancée de la récolte au Brésil avec un temps plutôt favorable, ainsi que l’avancée des semis en Argentine, maintenant proches d’être achevés dans de bonnes conditions climatiques pour les cultures, participent aussi à la baisse des cours mondiaux du soja.

À court terme, le temps est à surveiller au Brésil où un manque de précipitations, notamment au Mato Grosso, pourrait pénaliser les rendements dans la phase finale de remplissage des fèves.

L’environnement mondial pénalise les prix du colza

Avec un hiver plutôt favorable aux cultures en Europe, le colza ne trouve pas de soutien pour ses prix cette semaine. Il ne peut résister à la chute des cours mondiaux. Ainsi, le colza recule de 4,00 €/t en cette fin d’année pour tomber à 360,00 €/t rendu Rouen. Du côté des huiles également, la tendance est baissière, la Malaisie et l’Indonésie peinant à développer leurs exportations sur le marché mondial, qui ne progressent pas sur décembre malgré des prix historiquement bas.

Ainsi les stocks d’huile de palme restent très élevés en cette fin d’année. Toutefois, l’Inde pourrait réduire ses taxes à l’importation sur l’huile de palme au début de l’année 2019, ce qui pourrait redonner de la vigueur aux échanges mondiaux d’huile de palme et entraîner une petite remontée des prix.

Petit rebond du tournesol

Le prix du tournesol à Saint-Nazaire profite d’une petite remontée de 5,00 €/t par rapport à la semaine dernière, avec un regain d’intérêt des industriels à la faveur de marges de trituration intéressantes. Sur le marché mondial, peu de changement, avec un prix stable en Ukraine.

Recul du tourteau

Les tourteaux de soja suivent la baisse des prix du soja, l’offre pléthorique et peu chère en graines permettant d’offrir des volumes de tourteaux à prix bas. Le prix recul de 8,00 €/t à Montoir et de 4 $/t sur le marché de Chicago sur la semaine.

Tallage

À suivre : subventions au transport en Russie, prix du blé russe, négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine au début de janvier, conditions climatiques au Brésil et Argentine, évolution du prix du pétrole, réinstauration des taxes sur les importations de biodiesel argentin par la Commission européenne, baisse des taxes à l’importation d’huile de palme en Inde, conditions hivernales pour le colza dans l’Union européenne et en Mer Noire.

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