Les prix français du blé tendre se sont légèrement dépréciés durant la semaine, les blés meuniers perdant environ 2 €/t selon les places. Le blé meunier rendu Rouen est coté à 158,5 €/t, contre 160 €/t la semaine dernière. Sur Euronext, le constat est similaire avec un contrat à l’échéance de décembre à 158 €/t, abandonnant quasi 4 €/t.

En revanche, les prix mondiaux se sont appréciés au milieu de la semaine à la suite de la parution du rapport de l’USDA (ministère américain de l’Agriculture) qui a revu à la baisse la production de blé de printemps. Ce qui a soutenu les prix américains, avant qu’ils ne baissent en raison de l’importance des stocks.

Légère hausse en mer Noire

Dans la zone de la mer Noire, les prix sont en légère hausse, en lien avec la reprise de l’activité d’importation de l’Égypte dont la Russie a bénéficié cette semaine à hauteur de 240 000 t. Cependant, il semblerait qu’un bateau russe à destination de l’Égypte ait été bloqué à la suite de la présence d’ergot. Ce énième rebondissement pourrait de nouveau ralentir les achats égyptiens.

Par ailleurs, la Russie réussit à trouver des débouchés inhabituels, notamment la Côte-d’Ivoire, le Burkina Faso et de l’île Maurice. Ces trois pays ne représentent pas d’importants volumes, mais sont des clients traditionnels de la France, dont les ventes pourraient donc être plus réduites cette année en raison de la qualité insuffisante de ses blés (en particulier la faiblesse du PS).

L’hétérogénéité qualitative de la récolte française de blé dur se confirme, avec de mauvais résultats surtout dans la Région du Centre. La récolte canadienne continue de pâtir des pluies et de l’offre mondiale en blé dur de qualité s’annonce restreinte.

Reconduction des cours du maïs

Les prix français du maïs ont été quasi reconduits d’une semaine sur l’autre. Seul le Fob Bordeaux a légèrement évolué cette semaine gagnant 1 €/t en lien avec la baisse attendue des rendements. Ces derniers s’annoncent inférieurs à la moyenne quinquennale. La récolte progresse toujours doucement en France, avec 10 % de réalisés au 3 octobre, selon FranceAgriMer, contre 18 % l’an dernier à la même date.

Les prix mondiaux du maïs se sont appréciés depuis la semaine dernière notamment à la suite de la publication par l’USDA de stocks aux États-Unis inférieurs aux attentes, sous-entendant une consommation pour l’alimentation animale plus forte que prévu au détriment du blé. La récolte américaine est avancée à 24 %, à un rythme équivalent à celui de la récolte de 2015 à la même date.

La hausse des prix mondiaux du maïs éloigne donc pour le moment la perspective de déclenchement du droit d’importation pour les maïs des pays tiers arrivant dans l’UE (Union européenne), mais toute nouvelle baisse des prix américains pourrait activer ce droit.

L’orge de brasserie recule

En orge de brasserie, la cotation Fob Creil d’hiver a perdu 2 €/t depuis la semaine dernière. Bien que la récolte française ait largement souffert des excès de pluies cette année, la qualité des récoltes nord-européennes tend à peser sur les prix actuels.

De plus, les acheteurs semblent être maintenant couverts pour cette année, se tournant dès à présent vers la récolte prochaine. Inversement au Canada, la prime brassicole est soutenue par la demande chinoise, cette dernière se désintéressant de l’offre française contrairement aux deux campagnes précédentes.

Retards de récolte en soja

Les prix des oléagineux évoluent très peu cette semaine, entre la récolte record attendue aux États-Unis, et les retards pris dans les opérations de récolte, que ce soit dans la Soy Belt américaine (le nord-ouest des États-Unis) ou plus au nord chez le voisin canadien. Les pluies retardent les coupes, alors que les premières chutes de neige se rapprochent. Ainsi, malgré un recul des prix des huiles végétales, le prix des graines de soja à Chicago augmente légèrement : +3 $/t cette semaine.

Les opérations de récolte du soja aux États-Unis restent à la traîne par rapport à l’an dernier (26 % récoltés au 2 octobre contre 36 % l’an dernier), mais sont maintenant proches de la moyenne quinquennale (27 %). Il est à noter que l’opérateur FC stone a remonté sa prévision de rendement à 52 bushels/acre, soit une récolte proche de 118 millions de tonnes (Mt), contre 114 Mt prévues par l’USDA.

Les prix ont aussi été soutenus par la décision du gouvernement argentin de maintenir une taxe à l’exportation sur le soja jusqu’en 2018 (à 30 % actuellement, et qui devait diminuer par tranches de 5 % à partir de janvier 2017). Cela pourrait faire diminuer les surfaces de soja pour la prochaine récolte au bénéfice du maïs. Cela a soutenu les cours ces derniers jours, alors que les importateurs achètent principalement du soja américain (28,3 Mt vendues à la fin de septembre).

Stabilité pour le colza

Les prix du colza sont quasi stables cette semaine des deux côtés de l’Atlantique. Le colza français bouge de +/- 0,50 €/t selon les cotations. Le canola canadien est stable à 354 US $/t, soutenus là aussi par les retards de récolte. Au Saskatchewan, principale région productrice, la récolte est avancée à 80 % au 3 octobre contre 86 % pour la moyenne quinquennale. Les prévisions de rendement restent très bonnes, et la récolte pourrait donc dépasser 19 Mt.

Les exportations sont toutefois en retard par rapport à l’an dernier, ce qui limite l’impact sur le marché mondial. Il est à noter que du côté du biodiesel, l’Organisation mondiale du commerce a confirmé en appel sa décision de déclarer illégales les taxes antidumping imposées par l’UE au biodiesel argentin. Il reste maintenant à voir la réaction de l’UE. Cette dernière n’est pas obligée d’enlever ces taxes, mais s’exposerait alors à une réaction légitime de l’Argentine qui pourrait mettre en place des taxes de rétorsion sur certains produits européens.

Cela pourrait à moyen terme venir concurrencer la production de biodiesel communautaire, notamment celle à base de colza. Concernant la récolte de 2017, les surfaces de colza sont attendues en baisse en France, malgré des intentions en hausse, en raison du manque d’eau au moment des semis.

Les prix du tournesol remontent légèrement cette semaine, alors que la récolte reste en retard en Russie. Certains champs pourraient ne pas être récoltés. Les prix du tournesol montent à 365 €/t à Saint-Nazaire (+5 €/t).

Protéagineux et tourteaux : légère hausse des cours

Les prix du tourteau de soja remontent légèrement cette semaine. Ils gagnent ainsi environ 5 $/t à Chicago, et augmentent de 10 €/t à Montoir (aidés par le léger recul de l’euro face au dollar). Les pois fourragers ne sont pas cotés cette semaine en départ Marne (215 €/t la semaine dernière).

À suivre : avancée des récoltes de soja et maïs en Amérique du Nord, et de tournesol en mer Noire, rythme d’importation en blé de l’Égypte et choix des vendeurs (Russie ?).

Tallage
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