Les prix de l’orge fourragère et du blé reculent de nouveau cette semaine sur le marché français. La baisse est encore plus marquée que la semaine dernière avec une chute de 5 à 6 €/t des blés meuniers et fourragers. La cotation Rouen du blé meunier se situe maintenant à 163 €/t (-5 €/t depuis la semaine dernière) et celle du blé fourrager Fob Creil à 150,75 €/t (-4,75 €/t). Sur Euronext, l’échéance mai 2017 a abandonné 5,25 €/t entre le 16 et le 23 mars (à 167,25 €/t) mais l’échéance septembre 2017 s’est mieux défendue, ne perdant que 3,25 €/t à 167,5 €/t.

L’orge fourragère, elle, voit son prix baisser encore plus fortement à 133,75 €/t rendu Rouen soit une chute de plus de 7 €/t par rapport à la semaine dernière. Les prix brassicoles sont restés stables à respectivement 164 et 188 €/t Fob Creil pour les variétés d’hiver et de printemps. Ceux du maïs n’ont guère bougé non plus à 175 €/t Fob Rhin et 167,75 €/t Fob La Pallice.

Ventes de blé fourrager français à l’export

Pourtant, le marché mondial du blé et de l’orge a été animé : l’Arabie saoudite a acheté 1,5 million de tonnes d’orge le 20 mars pour livraison d’ici fin juin et l’Europe devrait figurer parmi les fournisseurs. Ce pays a aussi acheté du blé, 120 000 tonnes (origine États-Unis). La Jordanie s’est aussi manifestée sur le marché mondial tout comme le Japon. Sur le créneau fourrager, les blés français ont par ailleurs commencé à reconquérir de nouveau des ventes à l’exportation : au moins 200 000 tonnes auraient été récemment vendues à l’Asie.

Pluies aux États-Unis

Malgré tout, ce sont trois éléments baissiers qui ont emporté la mise cette semaine et entraîné quasiment toutes les origines à la baisse au cours des derniers jours. Le premier élément concerne les pluies arrivées et à venir sur les plaines de blé d’hiver aux États-Unis. Ces pluies s’annoncent très bénéfiques après deux mois de conditions assez sèches par endroits. Elles sont venues rassurer les esprits et peser fortement sur les prix américains, dans un contexte où les stocks de l’ancienne campagne restent encore très élevés. Les blés US SRW (de qualité meunière moyenne) ont ainsi perdu 4 $/t cette semaine pour se positionner à 180 $/t Fob Gulf et les blés HRW (qualité meunière supérieure) ont abandonné 7 $/t à 180 $/t également. Cette baisse des prix aux États-Unis a pesé sur le prix des autres origines.

Jeu de chaises musicales en Turquie ?

Le second élément a trait à la Turquie. Comme mentionné la semaine dernière, ce pays a annoncé qu’il exclurait la Russie des origines exemptes de taxe d’importation – sans toutefois publier de liste claire sur les origines permises – ce qui exclut de facto le blé russe de pouvoir entrer en Turquie. Cette mesure est potentiellement baissière pour le prix des blés russes. Nous estimons en effet qu’il restait au moins 1 million de tonnes de blé russe à importer par la Turquie d’ici la fin de la campagne.

Si ce blé n’est pas vendu au départ de la Russie – qui dispose encore de gros stocks à vendre, il viendra alourdir les stocks russes en fin de campagne. En réaction, les prix meuniers russes ont entamé une redescente de 5 $/t cette semaine (à 190 $/t Fob pour des blés à 12,5 % de protéine) et comme dans le cas des blés américains, cette évolution russe a aussi impacté les autres origines mondiales. Les prix des autres origines ne profitent toutefois pas encore d’un report éventuel de la demande turque en raison du flou entourant la question des origines permises.

Enfin, le troisième élément baissier vient d’Égypte où plusieurs bateaux, russes notamment, sont actuellement refusés pour des raisons sanitaires ou se voient taxés de frais additionnels pour fumigation. Cette question risque de peser sur les flux à venir vers l’Égypte.

Le maïs mondial très lourd

Du côté du maïs, le marché mondial reste marqué par l’abondance des disponibilités aux États-Unis et les bonnes perspectives de récolte ce printemps en Amérique du Sud. Cette semaine, en outre, plusieurs analystes ont revu en hausse leurs prévisions des surfaces qui pourraient être semées en maïs dans les mois qui viennent aux États-Unis (surfaces en baisse par rapport à 2016 car les prix sont plus favorables aux semis de soja, mais baisse moins forte qu’initialement attendu). Ce point et la baisse des prix des céréales à paille continuent de limiter la hausse des prix français.

Les conséquences du scandale de la viande frelatée au Brésil, qui a éclaté cette semaine, sont encore difficiles à estimer. Néanmoins, il est d’ores et déjà possible de prévoir des coupes nettes dans les exportations de viande brésilienne, plusieurs pays ayant déjà pris des mesures d’interdiction d’importation de viande bovine ou de volailles. Cette affaire pourrait conduire à une remontée des exportations et de la production de viande européenne.

Baisse modérée des cours du soja

À Chicago, les cours du soja sont repartis à la baisse, après avoir stagné la semaine dernière. Ils sont cotés à 364 $/t sur le rapproché (-4 $/t). Ce sont de nouveau les fortes disponibilités sud-américaines qui pèsent sur les cours du soja mondial. Au Brésil, certaines prévisions de récolte dépassent maintenant les 110 millions de tonnes (Mt). En Argentine, les conditions climatiques restent favorables aux cultures de soja, ce qui fait là aussi reculer les cours.

Malgré les fortes disponibilités sud-américaines, les ventes des États-Unis à l’exportation restent sur un rythme assez élevé, avec encore 0,7 Mt vendues sur la semaine (portant le total à 54,2 Mt). Cela freine le recul des prix à Chicago, qui résistent autour du seuil symbolique de 10 $ le boisseau (environ 365 $/t). La semaine prochaine, le ministère américain de l’Agriculture (USDA) publiera une actualisation de ses prévisions de semis ; cela pourrait entraîner des mouvements spéculatifs de prix.

Les prix du colza poursuivent leur recul

Les prix du colza français ont de nouveau été entraînés à la baisse cette semaine. Ils perdent ainsi encore 7 €/t rendu Rouen (à 401 €/t) et 6,5 €/t en Fob Moselle (à 409 €/t). Sur Euronext, la cotation échéance mai recule très modérément, perdant seulement 1,25 €/t sur la semaine à 405,5 €/t. Malgré le maintien du prix des huiles, les cours sont entraînés à la baisse par l’arrivée de bateaux dans les ports français notamment en provenance d’Australie et du Canada, et par le recul des prix internationaux, ceux du soja notamment et ceux du pétrole.

Ainsi, les dernières statistiques montrent qu’environ 1,4 Mt sont entrées dans l’UE depuis début janvier (dont 0,3 Mt en France). Par ailleurs, au Canada, les cours sont eux aussi en recul marqué, perdant environ 14 $/t. Les dégagements techniques continuent sur les marchés à terme.

Par ailleurs, les cotations du tournesol reculent cette semaine de 10 €/t à Saint-Nazaire (à 365 €/t). Les cours continuent de subir la pression des huiles, avec une offre abondante notamment en provenance de mer Noire.

Les inquiétudes sur la viande brésilienne chahutent les tourteaux

Les prix des tourteaux de soja reculent de presque 10 $/t sur le marché à terme de Chicago. Ils sont maintenant cotés à 354 $/t. De même, sur le marché français, les tourteaux de soja ont de nouveau reculé à Montoir (-5 €/t à 348 €/t). Le scandale sanitaire concernant les exportations de viande du Brésil prend de l’ampleur, avec de nombreux grands pays consommateurs qui mettent en place des interdictions d’importer cette origine. La consommation de tourteaux pourrait donc en pâtir au Brésil (4e consommateur mondial), et ces volumes pourraient se retrouver à l’exportation sur le marché mondial.

Le prix du pois fourrager départ Marne perd cette semaine 6,5 €/t, à 216,5 €/t.

À SUIVRE : conséquences du scandale sanitaire brésilien, estimations de semis US, dénouement de la crise des imports de blé en Turquie, attitude de l’Égypte, progression de la récolte sud-américaine de soja, intentions de semis aux États-Unis, conditions climatiques pour le développement du colza dans l’hémisphère nord.

Tallage
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