FranceAgriMer note une « forte reprise des cours français du blé tendre » au début de la semaine 17 (du 20 au 26 avril), avec une demande internationale dynamique et des disponibilités en mer Noire qui s’amenuisent. FranceAgriMer souligne aussi des « inquiétudes sur la prochaine campagne, liées au déficit hydrique sur le bassin de la mer Noire et en Europe (France et nord de l’Union européenne) ». Le blé français reste compétitif à l’international, comme en témoigne le fait que la France ait remporté un appel d’offres égyptien (180 000 t) à la mi-avril.

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Fermeture de tunnel

« La décision de la fermeture du tunnel de Bielsa [qui relie la France et l’Espagne, NDLR], depuis le mardi 14 avril, va avoir des répercussions très importantes dans les exécutions des contrats des céréales du sud-ouest de la France vers l’Espagne, déjà très en retard, dans le contexte tendu actuel », estime FranceAgriMer.

En maïs, les cours français restent stables malgré la chute des cours aux États-Unis. En revanche, la différence de prix avec les cours des céréales à paille « s’intensifie à un niveau historiquement élevé ».

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Facteurs de soutien pour les oléagineux

Sur le marché des oléagineux, FranceAgriMer souligne une certaine stabilité des cours, malgré la baisse importante de la consommation de biodiesel en France et en Europe. Les graines de colza sont soutenues par la baisse attendue de la production pour la campagne de 2020-2021, tandis que les huiles (colza, tournesol) sont portées par une demande structurellement en hausse. « À ceci s’ajoutent les limitations d’exportations russes et kazakhes de graines de tournesol qui tendent le marché ».

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Au Brésil, du sucre plutôt que de l’éthanol

En ce qui concerne le sucre, FranceAgriMer souligne qu’au 22 avril 2020, les cours du sucre brut « remontaient légèrement, après être tombés à leur plus bas niveau depuis 12 ans ». La hausse de la production attendue au Brésil a un impact important sur le marché.

Dans ce pays, les usines « devraient allouer une forte proportion supplémentaire de cannes à la production de sucre alors que l’éthanol prévalait sur les deux dernières campagnes. Au total, avec environ 34 millions de tonnes (Mt), le Brésil devrait produire 10 Mt de sucre en plus en 2020-2021, faisant plus que compenser des baisses de productions historiques en Thaïlande ».

« Toutefois, des inquiétudes se font jour car les mesures de confinement au Brésil pourraient ralentir l’activité, voire l’arrêt de sucreries pour des raisons financières », estime l’organisme. FranceAgriMer considère que le gouvernement brésilien devrait annoncer d’ici à la fin de la semaine un programme de soutien aux filières du sucre et de l’éthanol.

H.P.