La semaine écoulée n’a pas donné lieu à des changements significatifs sur le marché des céréales. Le prix du blé tend toutefois à s’affaisser sous le poids de l’offre mondiale, entraînant avec lui l’orge fourragère, tandis que le maïs reste stable. Les cours européens sont en outre défavorisés par un affaiblissement du dollar, ce qui handicape les exportations de l’UE (Union européenne), au plus bas depuis fin juin.

Une offre mondiale de blé revue à la hausse

Le blé meunier rendu Rouen s’affiche à 163,75 €/t (- 3,25 €/t), répliquant l’évolution du contrat septembre sur Euronext (à 163,50 €/t à la clôture le 18 août) et effaçant la progression enregistrée au cours des deux semaines précédentes. Le blé fourrager demeure environ 10 €/t en dessous. Le rapport publié par le département américain à l’agriculture (USDA) le 12 août 2016 a confirmé, s’il en était besoin, les perspectives d’une offre mondiale très abondante.

Tout comme la récolte nord-américaine, la récolte russe ne cesse d’être revue à la hausse, ce qui commence à poser des problèmes de stockage. Le prix du blé meunier russe (à 12,5 % de protéine) reste ainsi cantonné à 170 $/t Fob, malgré la forte demande qui s’adresse à lui du fait de son attractivité. La Russie devrait notamment profiter d’un appel d’offres gargantuesque de 1 million de tonnes (Mt) passé par la Syrie cette semaine, réservé exclusivement au blé russe. Pas de quoi tendre le bilan du géant de la mer Noire, qui pourrait exporter théoriquement plus de 30 Mt sans assécher ses réserves.

Des importations inhabituelles

En France, les importations inhabituelles continuent d’animer le marché : après l’annonce d’un chargement de 55 000 t de blé roumain vers l’Hexagone, c’est au tour d’un bateau de 33 000 t de blé bulgare de partir pour la France. Ce blé bulgare pourrait être réexpédié vers les États-Unis et non utilisé en France. Mais cela atteste de la possibilité de voir les importations monter en puissance dès lors que les prix français s’écarteraient de leurs concurrents.

En orge fourragère, les prix sont tirés vers le bas par le blé. Le Fob Moselle cède ainsi près de 3 €/t cette semaine, à 137,25 €/t. L’orge destinée à l’alimentation animale reste sous la pression d’une disponibilité importante en céréales fourragères cette année. En revanche, cela n’affecte pas les prix de l’orge de brasserie (toujours 195 €/t pour le Fob Creil en variété de printemps).

Les problèmes qualitatifs en France sur l’orge d’hiver et le niveau médiocre de la récolte des orges de printemps laissent présager un bilan tendu au niveau européen, mais là encore dans un contexte mondial qui n’est pas menacé de pénurie. Des importations en Europe d’orge extracommunautaire ne sont pas à exclure.

Dégradation de l’état des maïs dans l’UE

En maïs, les prix sont quasiment inchangés, avec un Fob Bordeaux à 165 €/t en ancienne récolte, et 166 €/t en récolte 2016. Les prix sont soutenus par une dégradation de l’état des cultures dans l’UE en raison de l’installation du temps sec. À Chicago, les prix ont rebondi sur fond de prises de profit après que le contrat a touché le niveau le plus bas depuis 2014.

Le dernier rapport de l’USDA a une fois de plus revu à la hausse la prévision de production états-unienne de maïs en pronostiquant des rendements records. Cela ne laisse pour l’heure guère de perspectives de hausse significative, sauf accident.

La demande asiatique soutient le soja

Les cours du soja américain se sont raffermis de 4 $/t cette semaine sous l’effet d’une demande asiatique toujours vigoureuse. Plusieurs ventes à destination de la Chine ont été signalées ces derniers jours, pour un volume total de 758 000 t. Les retards de chargement des bateaux dus aux intempéries sur la côte sud des États-Unis ont également contribué à la hausse des cours en milieu de semaine.

Cette ascension du prix de la fève est toutefois restée assez modérée en raison de perspectives de récoltes particulièrement prometteuses aux États-Unis. Le ministère de l’Agriculture a en effet revu sa prévision de production à la hausse ce mois-ci, avec des rendements records prévus dans certaines régions du Midwest.

Les récoltes européennes de colza déçoivent

Les prix du colza ont également poursuivi leur hausse cette semaine. La récolte progresse en Europe du nord et s’avère décevante, notamment en Allemagne, au Royaume-Uni et au Danemark. D’autres facteurs de soutien tels que les faibles stocks d’huile de palme malaisienne. Ainsi, les cotations ont grimpé de 8 €/t à Rouen et sur Euronext alors que le fob Moselle affiche une progression plus limitée, à 378 €/t.

En raison des fortes précipitations ayant touché les prairies canadiennes la semaine dernière, et avec une trituration dynamique, le canola canadien s’est aussi revalorisé : + 11 $/t sur une semaine. Les négociations entre la Chine et le Canada au sujet du renforcement des spécifications sur la qualité des graines de canola importées du Canada vers l’Empire du Milieu se sont achevées cette semaine sans qu’aucun accord n’ait été trouvé. En théorie, la limite de 1 % d’impuretés (contre 2,5 % avant) s’appliquera au 1er septembre. Cela pourrait compliquer l’approvisionnement pour les exportateurs, voir limiter les flux entre ces deux pays si la qualité de la récolte canadienne n’était pas au rendez-vous.

Coup de chaud sur le tournesol ukrainien

Le prix du tournesol à Saint-Nazaire a progressé de 5 €/t sur la semaine, à 360 €/t. Il a notamment réagi à un temps plus sec et plus chaud que la norme qui a touché l’Ukraine, le sud de la Russie, le nord de la Bulgarie et le sud de la Roumanie cette semaine, après un mois de juillet déjà chaud et sec. Les premiers retours de récolte au sud de la Bulgarie sont plutôt décevants.

Les récoltes records attendues jusqu’ici pourraient avoir été compromises par un temps capricieux. Néanmoins le cycle de culture n’est pas encore fini en Mer Noire, où la récolte ne débutera qu’en septembre : une bonne fin de cycle pourrait avoir un effet positif sur le rendement du tournesol.

Le tourteau de soja recule à Montoir

Les cours du tourteau de soja sont presque inchangés sur la bourse américaine, à 369 $/t, les bonnes perspectives de récolte de soja étant contrebalancées par des statistiques de production de tourteaux de soja sur juillet légèrement inférieures aux attentes. Au contraire, le prix des tourteaux de soja recule de 17 €/t à Montoir sur le rapproché.

Faute d’activité sur ce marché, le pois fourrager départ Marne est resté incoté cette semaine.

À suivre : fin de la récolte en blé dans l’UE (Allemagne, Pologne, pays baltes), niveau final de la récolte nord-américaine et mer Noire, taux de change, récolte de colza dans les pays baltes et en Scandinavie, conditions de fin de cycle pour le soja aux USA, récolte de tournesol dans l’est et de sud de l’UE, conditions de culture pour le tournesol en Mer Noire

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