Lors de la conférence mensuelle de FranceAgriMer sur les marchés des céréales le 14 novembre 2018, Marion Duval, adjointe au chef de l’unité des grains et du sucre, a présenté l’état du marché des céréales biologique en France. Malgré des rendements moyens en 2016 et 2018 pour cause d’excès d’humidité, la collecte des céréales est sur une pente croissante. Elle a été multipliée par deux entre 2013 et 2017.

Conversion des surfaces

Le principal facteur explicatif de cette hausse est la progression des surfaces cultivées sous le cahier des charges de l’agriculture biologique et en cours de conversion (C2). En effet, entre 2013 et 2017, cette surface a été multipliée par plus de 1,6, passant de 150 000 ha à 250 000 ha. Ces chiffres sont à nuancer par le faible poids (moins de 1 %) que représente l’agriculture biologique dans l’ensemble de la collecte de céréales françaises.

Le succès des cultures en association

Il est à noter qu’alors que les surfaces de maïs et de triticale restent relativement stables et que celle du blé a progressé de 38 % sur cette période, celle consacrée aux mélanges céréales-protéagineux ou céréales-céréales a plus que doublé. Elle représente maintenant 46 % des surfaces totales cultivées en céréales biologiques alors qu’elle ne représentait que 38 % il y a encore 4 ans. Quand les surfaces totales de céréales bio augmentent de 100 000 ha, les surfaces en mélange augmente de 60 000 ha. Ces chiffres semblent confirmer l’intérêt de cette technique de production.

© FranceAgriMer, d’après l’Agence bio.

Croissance de la demande

Les cours des céréales bio demeurent relativement stables depuis 2010. Durant la campagne de 2015-2016, le blé tendre était payé en moyenne 375 €/t, le maïs 285 €/t et le triticale 275 €/t. La demande du marché est toujours en croissance et devrait probablement soutenir ces prix. Entre 2013 et 2018, les fabricants d’aliments du bétail ont augmenté de 79 % leur utilisation de céréales et les meuniers de 88 %. La production intérieure étant toujours inférieure au besoin, les différents acteurs ont recours aux importations à hauteur d’un tiers.

Le maïs en tête du produit à l’hectare

Selon l’étude de FranceAgriMer, parmi les céréales biologiques et conventionnelles (blé, maïs et triticale), la céréale qui présenterait le plus grand produit brut à l’hectare serait le maïs bio. En 2015 par exemple, ce produit était en moyenne de 1 600 €/ha, contre 1 100 €/ha environ pour le blé bio, le maïs et le blé conventionnel.

© FranceAgriMer

Rémi Haquin, président du conseil spécialisé pour la filière céréalière, rappelle que ces chiffres sont à relativiser en fonction du territoire de production et de la technicité de l’agriculteur. En effet, les disparités de résultats sont beaucoup plus importantes dans l’agriculture biologique que dans l’agriculture conventionnelle.

Le Sud en tête des collectes

L’analyse de FranceAgriMer par région montre que le quart sud-ouest est en tête de la collecte bio, en particulier en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie. Cependant, c’est dans le Sud-Est que la part de la collecte bio par rapport à la collecte totale est la plus grande. La Région Paca arrive en première position du classement avec 74,7 % de la production de céréales en agriculture biologique.

R.H.