Avec la flambée des prix de l’énergie, les Français commencent à changer leurs habitudes. Au premier trimestre de 2022, les conversions de véhicules au bioéthanol (E85) ont ainsi été multipliées par sept en France en glissement annuel, selon les immatriculations publiées mardi 24 mai 2022 par L’Argus et le cabinet NGC-Data.

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Les volumes restent encore assez faibles, avec 9 220 véhicules particuliers adaptés à l’éthanol sur plus de 1,3 million de voitures échangées sur le marché de l’occasion pendant la même période.

Néanmoins, ces conversions de véhicules à essence, réalisées à l’aide d’un boîtier, ont décollé en parallèle des prix de l’essence, alors que l’E85 évolue actuellement sous les 80 centimes d’euro le litre, contre quelque 2 euros pour le SP98.

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Trois marques dominent le marché du neuf

Ces transformations concernent majoritairement des véhicules assez âgés, souligne NGC-Data, notamment chez les marques reines du marché français comme Renault, Peugeot, Citroën et Dacia. Dix sportives siglées Porsche ont également été converties ; une première, selon NGC.

Pour les véhicules neufs, 6 846 voitures Ford, Jaguar et Land Rover roulant au bioéthanol ont été immatriculées entre janvier et avril 2022, représentant 1,4 % du marché, selon la Plateforme automobile.

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Des avantages environnementaux controversés

Les ventes de bioéthanol, carburant automobile où de l’alcool pur remplace en grande partie l’essence, ont fortement progressé en France en 2021, mais ses avantages environnementaux restent contestés.

Fabriqué à partir de blé, de maïs ou de betteraves sucrières, le bioéthanol émet moins de CO2 au litre que les carburants traditionnels, mais un véhicule converti au bioéthanol consomme en moyenne 15 à 25 % de carburant en plus qu’une voiture à essence.

Sur l’ensemble du cycle, les biocarburants utilisés en Europe ont une empreinte carbone inférieure de seulement 2 % à celle de l’essence, estimait l’International Council on Clean Transportation (ICCT) dans une grande étude comparative publiée en 2021.

En outre, ils estiment que la production d’éthanol renforce les effets néfastes de l’agriculture industrielle sur les sols, l’eau et l’air.

AFP