La production de laitue de la saison de 2020-2021 atteindraient 510,3 millions de têtes, soit un recul de 1 % sur un an, et de 8 % par rapport à la moyenne des cinq dernières saisons, a noté Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans sa note d’Infos rapides diffusée le 22 octobre 2020. En cause, la baisse de l’assolement et les mauvaises conditions climatiques qui provoquent des pertes de rendements.

Du fait de l’incertitude liée à la pandémie de Covid-19, la demande a été timide sur certains mois. Ce qui a entraîné le maintien des prix à des niveaux similaires aux années précédentes, malgré la diminution de l’offre.

Moins de surface, moins de rendement

Les estimations des surfaces affectées à la laitue pour la campagne de 2020-2021 sont de 8 052 ha, dont 4 116 pour la laitue d’été, soit une baisse de 7 % par rapport à l’été 2019. « Aux pertes d’assolement s’ajoute l’alternance des aléas climatiques du printemps, d’abord doux puis maussade, voire avec des épisodes d’intempéries, fragilisant les rendements, explique Agreste. Par la suite, la sécheresse pénalise les cultures lors des épisodes de canicule estivale (brûlures, pourriture) et diminue l’offre disponible jusqu’en septembre. »

Les pertes de production sont attendues dans la majorité des régions productrices. En septembre 2020, les volumes sont inférieurs de 4 % à ceux de septembre 2019 et de 8 % à ceux de la moyenne allant de 2015 à 2019. Seules l’Aquitaine, les Pays de la Loire et l’est de l’Occitanie devraient tirer leur épingle du jeu, avec des volumes stables, voire en augmentation.

La demande fluctuante entraîne la destruction au champ

À la fin du confinement, les prix de la laitue d’été de la campagne de 2020-2021 étaient relativement élevés par rapport à la saison précédente et à la moyenne quinquennale. En été, la demande s’est faite moins active et a été concurrencée par la production des jardins familiaux qui s’est développée cette année, note Agreste. La perte de débouchés en restauration hors domicile (RHD) a contraint certains producteurs à détruire la production au champ.

Le dynamisme de la rentrée a stimulé la consommation en septembre. L’offre est restée relativement basse, entraînant une hausse des cours. Ceux-ci étaient supérieurs de 7 % à ceux de la moyenne quinquennale. Ils sont en revanche restés inférieurs à ceux de septembre 2019 (–4%).

Entre mai et août 2020, les importations étaient en repli de 1 % sur un an, atteignant les 20 000 tonnes. Les exportations reculent également, mais de façon plus marquée : –28 % sur un an et atteignent les 2 800 tonnes.

R. B.