« Au 1er mai 2022, la production d’abricots augmenterait de 123 % par rapport à la récolte historiquement faible de 2021, touchée fortement par le gel, mais serait inférieure de 3 % à la moyenne des récoltes de 2017 à 2019 », constate le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, Agreste, dans une note de conjoncture diffusée le 10 mai 2022.

Au total, la production d’abricots s’établirait à 132 200 tonnes en 2022, selon les estimations du ministère de l’Agriculture.

Après une production historiquement basse en 2021, la production estimée d’abricots pour la campagne de 2022 retrouverait un niveau moyen. © Agreste

Des épisodes de gel plutôt bien gérés

Hormis dans les vergers de la vallée du Rhône, la bonne gestion des épisodes de gel en mars et avril 2022 a permis de limiter les pertes. Dans la plupart des régions productrices, le potentiel de production ne devrait être que légèrement réduit (Paca, Provence), voire atteint (Gard).

« Dans la vallée du Rhône, le gel a touché les Baronnies, où deux tiers de la production serait détruit, ainsi qu’en Ardèche », détaille Agreste.

Dans le Roussillon, le développement du champignon Monilia, faisant suite à de fortes précipitations au moment de la floraison, a entraîné une diminution des rendements prévus, ajoute-t-il.

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Même évolution chez nos voisins européens

Selon Medfel, la récolte européenne de 2022 gagnerait 31 % par rapport à la faible récolte de 2021, sans atteindre le niveau moyen 2016-2020 (–8 %).

Si en Italie et Grèce, la production devrait se relever respectivement de 40 % et 17 %, une demi-récolte est prévue en Espagne avec une chute de la production de 37 % par rapport au niveau moyen. Selon Agreste, le gel du début d’avril au niveau européen a plus durement touché ce pays.

Un chiffre d’affaires en baisse sur la campagne de 2021

Selon le ministère de l’agriculture, sur la campagne de 2021 (de juin à août), les prix à la production de l’abricot sont supérieurs de 3 % à ceux, déjà élevés, de 2020 et de 38 % à la moyenne de 2016 à 2020. Néanmoins, cette hausse ne suffit pas à compenser la forte baisse des quantités produites, à la suite du gel printanier.

Après un démarrage timide en mai 2021, la commercialisation des abricots français se stabilise progressivement avec l’arrivée d’une météo plus estivale et de variétés plus gustatives. Selon Agreste, la grande distribution privilégie alors la production tricolore, qui remplace une production espagnole moins présente cette année sur les étals. Toutefois, la baisse de production entre mai et juillet 2021 s’est traduite par une baisse des ventes de 25 % sur un an.

Une hausse des exportations françaises en 2021

En 2021, sur la période de commercialisation, les exportations françaises d’abricots sont en hausse de 20 % par rapport à 2020, année où elles avaient chuté de moitié, rapporte Agreste. Cependant, les volumes restent inférieurs de 58 % par rapport à la moyenne de 2016 à 2020.

Enfin, sur l’ensemble de l’année 2021, le déficit extérieur de la France se réduit pour atteindre –5 029 tonnes.

Laurine Mongenier