À l’issue du conseil spécialisé des grandes cultures et des marchés céréaliers le 14 avril 2021, FranceAgriMer dresse quelques prévisions pour 2021-2022 ainsi que les bilans céréaliers mondiaux, européens et français actualisés de mars pour la campagne de 2020-2021.

Utilisations fourragères du blé en hausse pour 2021-2022

La production mondiale de blé tendre et dur est prévue en hausse à 790 millions de tonnes (+2.1 % par rapport à 2020-2021) : une tendance suivie pour les utilisations humaines (à 359 millions de tonnes) et surtout fourragères (à 152 millions de tonnes).

« Cela est notamment en lien avec le différentiel de prix entre le maïs et les céréales à paille, qui favorise ces dernières », souligne Marc Zribi, chef de l’unité des grains et du sucre chez FranceAgriMer.

La production mondiale d’orge est, quant à elle, annoncée en baisse par rapport à la campagne précédente, à 154 millions de tonnes (–2,5 %), avec des utilisations qui restent stables.

Du côté de l’Union européenne (UE), la production de blé est estimée en hausse à 136,8 millions de tonnes (+9,9 %), « avec un retour à la normale pour la France » à 37,3 millions de tonnes.

En orge, la production de l’Union européenne serait en baisse par rapport à la campagne passée, à 53,6 millions de tonnes (–2,2 %) mais en progression à l’échelle de la France de 9,8 % à 11,4 millions de tonnes.

Les cours du maïs grimpent sur les marchés américains

Les intentions de semis de maïs aux États-Unis pour la campagne de 2021-2022 s’affichent à 36,9 millions d’hectares : des surfaces en légère hausse par rapport à la campagne précédente mais nettement en deçà de ce qui était attendu. « Le maïs a ainsi été propulsé sur les marchés à terme américains », indique Marc Zribi.

Au niveau mondial en 2020-2021, les utilisations de blé pour l’alimentation humaine sont en progression, de même qu’en maïs mais dans une moindre mesure, toujours en raison du différentiel de prix avec les céréales à paille. Un écart qui peut aussi s’expliquer par les prévisions de stocks américains historiquement bas depuis 2013-2014 à 34 millions de tonnes (–14 millions de tonnes par rapport à la campagne précédente) et des records d’exportation américaines à 68 millions de tonnes (+1,9 million de tonnes).

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Situation tendue pour le blé dur français sur 2020-2021

Sur la campagne en cours, les exportations françaises de blé tendre vers les pays tiers sont revues à la hausse à 7,55 millions de tonnes. Celles vers l’Union européenne reculent à 5,6 millions de tonnes, « marquées par une meilleure compétitivité des blés allemands », souligne Marion Duval, de FranceAgriMer.

La situation est similaire pour les exportations françaises d’orge à 2,43 millions de tonnes vers l’Union européenne et 3,25 millions de tonnes vers les pays tiers, tirées par la Chine.

Les exportations de maïs français vers l’Union européenne sont revues en légère hausse à 3,8 millions de tonnes tandis que celles vers les pays tiers n’évoluent pas ce mois.

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« C’est sur le blé dur que le bilan aura le plus évolué ce mois-ci, après un travail réalisé sur le poste d’ajustement qui était historiquement calculé en fin de campagne », indique Marion Duval : celui-ci baisse ainsi de 24 000 tonnes par rapport au mois précédent.

Les exportations accusent une baisse vers les pays tiers (à 190 000 tonnes) et vers l’Union européenne (à 680 000 t). « Le blé dur canadien, très offensif sur la scène internationale, vient concurrencer la France sur ses marchés historiques, notamment l’Italie », indique Marion Duval.

Charlotte Salmon
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

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