« Après cinq années de baisse consécutives de la balance commerciale européenne de céréales, on assiste à un net revirement de situation en 2019-2020 », a déclaré Simon Trauet, chargé d’études au sein de l’unité grains et sucre de FranceAgriMer le 8 juillet 2020. Avec des exportations de 49,5 Mt (dont 33,4 Mt de blé tendre) et des importations de 23,5 Mt (dont 18,7 Mt de maïs), la balance affiche un net solde positif : +25,9 Mt contre +2 Mt en 2018-2019. Cela s’explique notamment par une hausse des exports de blé, mais également par une baisse des imports de maïs.

+44 % par rapport à la moyenne quinquennale

En blé tendre, il a noté de « très belles performances » de la France (37 % du volume exporté), et de la Roumanie (15 %), ainsi que la présence à l’achat inhabituelle de la Chine. Dans l’Hexagone, la campagne d’export 2019-2020 a été « assez exceptionnelle », a confirmé Marion Duval, adjointe au chef de l’unité Grains et sucre. Le bilan provisoire de FranceAgriMer fait état de 13,5 Mt de blé tendre exportées vers les pays tiers : c’est 13 % de plus sur un an, et 44 % de plus que la moyenne quinquennale.

Une logistique performante

Elle a souligné un renforcement des exports vers les clients historiques de la France (+10 % vers l’Algérie, +72 % vers l’Afrique de l’Ouest), ainsi que la présence de pays d’ordinaire peu présents. « La Chine est notre troisième client cette année avec un peu moins de 2 Mt importées », a-t-elle illustré. L’ouverture du pays semble résulter d’un ensemble de facteurs : conflits commerciaux avec les États-Unis mais aussi le Canada, production intérieure et australienne en baisse… « L’Égypte a également diversifié ses achats et opté pour 1 Mt de blé tendre français ».

« La France s’est bien positionnée en termes de compétitivité/prix sur l’ensemble de la campagne », a noté Marc Zribi, chef de l’unité Grains et sucre. Selon lui, plusieurs éléments ont pu faire la différence : la qualité française, la capacité à répondre à tout un éventail de demandes et « l’extrême mobilisation de la filière et de la logistique malgré les grèves et la crise sanitaire ».

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Premières estimations pour 2020-2021

FranceAgriMer a par ailleurs donné ses premières estimations de bilan pour la récolte en cours. Ainsi en 2020-2021, l’organisme prévoit un volume exporté de 7,7 Mt vers les pays tiers et de 7,0 Mt vers l’Union européenne. Des chiffres évidemment en baisse (-30 %) lorsqu’on les compare à la campagne qui se termine (13,6 Mt et 7,5 Mt). Marion Duval précise que ces chiffres sont encore teintés d’incertitudes. L’Algérie continuera-t-elle de diversifier ses achats ? La Chine sera-t-elle toujours présente ? Quelle sera la place de l’Australie ? Et celle de la Mer Noire ?

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En Russie, les exports de blé tendre 2020-2021 sont attendus à 35 Mt. Le ministre de l’Agriculture russe a indiqué que la première partie de campagne ne devrait pas faire l’objet de quotas à l’exportation, mais qu’il souhaite que le mécanisme mis en place en 2019-2020 devienne permanent, a expliqué Marc Zribi. Moscou avait en effet limité ses exportations en seconde partie de campagne pour accorder sa priorité au marché local.

H.Parisot
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