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Les particuliers financent son changement de pratiques culturales

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Pomme de terre - Les particuliers financent son changement de pratiques culturales
Christian Duchemin, producteur de pommes de terre, encadré d’une partie de l’équipe de Miimosa, dont Marie Rabeisen, directrice du développement (au centre). © A. Dufumier

Christian Duchemin a emprunté 50 000 € pour conduire ses essais de pommes de terre sans traitement après la levée. L’argent a été collecté via la plateforme Miimosa.

Associé de la SCEA Les Pagnes (Calvados), Christian Duchemin a cultivé, en 2021, 350 ha de pommes de terre, dont 80 ha sans traitement après la levée, à destination d’une filière valorisante créée avec le distributeur Carrefour. L’an prochain, il projette d’en cultiver 120 ha dans cette filière.

« Nous sommes en mesure de produire sans produit de synthèse après la levée et avec des rendements de 50 t/ha qui sont équivalents aux itinéraires conventionnels, se félicite l’agriculteur. Nous y parvenons en ayant recours à des variétés spécifiques, des biostimulants, des éliciteurs, des produits de biocontrôle, et avec des doses très faibles de cuivre. Pour y arriver, nous avons dû beaucoup expérimenter et aussi utiliser des produits alternatifs coûteux. »

Pour trouver les 50 000 € nécessaires afin de conduire une partie des essais, l’exploitant a choisi, en 2019, de recourir à un emprunt en financement participatif auprès des particuliers via la plateforme Miimosa.

Une expérience qu’il a reconduite dès 2020 avec une autre levée de fonds de 120 000 € pour un semoir en semis direct à double trémie. Ce dernier lui permet notamment d’implanter des couverts structurants pour les parcelles de pommes de terre. « Le projet de financement du semoir est allé vite. En un week-end, la majorité des sommes avait été collectée », révèle-t-il.

Circuit court de l’argent

Le taux d’emprunt qui sert à rémunérer les épargnants est d’environ 4 %. Quant à la plateforme, elle se finance par des frais de succès lorsque la somme est levée. « C’est plus cher qu’à la banque, mais il n’y a pas d’assurance à payer. Et puis les banques ne financent pas tout », analyse le chef d’exploitation.

« Nous accompagnons toutes les formes d’agriculture sur des projets de transition environnementale, climatique, sociale ou économique, complète Marie Rabeisen, directrice du développement au sein de la structure. L’expertise des projets est assurée par la plateforme Miimosa qui se déploie avec 40 collaborateurs et 2 000 partenaires dans les organisations profes­sionnelles. »

« Ce que j’apprécie, c’est aussi le contact avec l’équipe et le lien créé avec des particuliers. C’est un véritable circuit court de l’argent, s’enthousiasme Christian Duchemin. Je compte beaucoup sur la plateforme pour communiquer sur l’agriculture et faire connaître nos métiers auprès du grand public. »

Alexis Dufumier
Bilan de cinq ans

Miimosa a levé 60 M€ en cinq ans pour des projets agricoles et alimentaires via ses 350 000 prêteurs et donateurs. En moyenne, les appels aux dons collectent 6 500 € contre 200 000 € pour les prêts.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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