Les amidonniers sont « préoccupés par les conséquences […] que pourrait avoir le futur accord de libre-échange entre le Royaume-Uni et l’Union européenne ».

En effet, pas moins de 10 % des exportations européennes sont destinées au Royaume-Uni, pour 115 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le Royaume-Uni, déficitaire en produits amylacés, en produit 700 000 t pour une consommation annuelle de 1,5 Mt. Les volumes importés tous les ans provenaient à 95 % de l’Europe. « Or, depuis le référendum sur le Brexit en 2016, les importations hors UE ont triplé et dépassent déjà les 100 000 t ! », alerte l’Usipa.

Trois mesures à prendre

Ainsi pour les amidonniers, « trois mesures sont indispensables pour garantir la pérennité des échanges commerciaux de produits amylacés avec le Royaume-Uni » :

  • le maintien d’une relation commerciale avec le Royaume-Uni sans barrières tarifaires ni contingents, afin de ne pas renchérir artificiellement le prix de la production française ;
  • la mise en place de règles d’origine rigoureuses pour les produits qui seront exportés par le Royaume-Uni vers l’UE. Objectif : que le Royaume-Uni ne serve pas de « porte d’entrée pour l’arrivée sur le territoire européen de produits à bas coût, subventionnés dans leur pays d’origine ou qui, après une légère transformation sur place pour bénéficier de l’origine anglaise, pourraient entrer dans l’UE en bénéficiant de droits préférentiels. »
  • la convergence de la réglementation, « garantie du maintien d’une concurrence loyale entre nos deux pays ». « Le Royaume-Uni pourrait décider de ne plus suivre les règles européennes pour se rapprocher de celles d’autres partenaires, excluant de fait nos produits, ce qui serait dramatique pour nos exportations », anticipe Marie-Laure Empinet, présidente de l’Usipa. Et le syndicat de citer comme exemple les produits amylacés qui pourraient être issus de cultures OGM, ou cultivés avec des produits phytosanitaires interdits dans l’Hexagone ou en Europe.

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I. Escoffier