Les marchés ne croient visiblement plus à une réponse économique et financière efficace face à une pandémie de coronavirus qui fait fermer les frontières, les usines et les écoles. Et les annonces de relance en ordre dispersé des gouvernements et des Banques centrales, sans véritable coordination, n’apaisent pas les investisseurs.

Face aux risques sanitaires, la Bourse de Chicago opérée par le groupe CME, où sont échangés les produits agricoles, a même prévu de fermer vendredi soir son parquet. Même si aucun cas n’a été décelé jusqu’à présent parmi les professionnels travaillant sur le parquet de la Bourse ou dans le bâtiment l’abritant, CME a expliqué dans un communiqué mercredi soir vouloir « réduire les gros rassemblements pouvant contribuer à la propagation du coronavirus ».

Voir aussi : Marchés : Les conséquences du coronavirus pour les agriculteurs français (05/03/2020)

Maïs et soja subissent la chute du pétrole

Comme sur la plupart des autres marchés financiers, les échanges concernant les produits agricoles se font désormais en très grande majorité depuis des ordinateurs. La décision de CME toutefois « est un signal supplémentaire de la sévérité du virus », estime Steve Georgy, de la maison de courtage Allendale.

Alors que les États-Unis ont annoncé une interdiction d’entrée sur le sol américain depuis une bonne partie de l’Europe, qui devrait encore ralentir les vols aériens et donc l’utilisation de kérosène, les cours du pétrole ont encore chuté jeudi. De quoi influencer les cours du maïs et du soja, qui entrent dans la composition de biocarburant.

Dans cet environnement, le repli des cours du blé est depuis le début de la crise plus limité que ceux des autres produits agricoles, remarque Carsten Fritsch, de la Commerzbank. « L’offre un peu plus limitée qu’auparavant dans les pays exportateurs permet probablement aux prix du blé d’être moins sous pression », explique-t-il dans une note.

Remplir les rayons des supermarchés vidés par les consommateurs

Par ailleurs, « la demande pour le blé devrait être moins affectée que la demande pour d’autres matières premières », ajoute-t-il en mettant en avant la nécessité de produits de base comme le pain, les gâteaux et les pâtes, dont la consommation en temps de crise ne diminue pas énormément.

« En fait, la demande pour le blé de la part de l’industrie agroalimentaire pourrait même augmenter à court terme afin de remplir à nouveau les rayons des supermarchés vidés par des consommateurs soucieux de faire des provisions », indique M. Fritsch.

• Le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison en mai, le plus échangé, a terminé jeudi à 3,6575 dollars, contre 3,7450 dollars à la précédente clôture (–2,54 %).

• Le boisseau de blé pour livraison en mai, le plus actif, a fini à 5,0550 dollars, contre 5,1275 dollars mercredi (–1,41 %).

• Le boisseau de soja pour livraison en mai, le plus échangé, a terminé à 8,5950 dollars, contre 8,7325 dollars la veille (–1,80 %).

AFP
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Le blé poursuit sur sa lancée, conditions de culture et de récolte tendues

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