La séance avait démarré sur un rebond, accompagnant celui des marchés actions et du pétrole, mais le blé est rapidement passé dans le rouge. Outre la crainte d’un affaiblissement de l’économie lié au nouveau variant Omicron du coronavirus, les opérateurs ont réagi à aux prévisions de récolte annoncées par le gouvernement australien.

Production revue à la hausse

Les autorités australiennes ont revu à la hausse de 5,5 % leur estimation de la production de blé pour la saison 2021-2022 par rapport à sa dernière estimation de septembre. Le département de l’Agriculture table désormais sur 34,4 millions de tonnes de blé, ce qui serait un record.

« Vues les inondations en Nouvelle-Galles (État australien) et l’impact que ça a eu sur le marché ces deux dernières semaines, c’est un choc », a décrit Michael Zuzolo, analyste en chef pour Global Commodity Analytics and Consulting.

Ce d’autant que cet État australien va encore vivre une partie de cette semaine sous la pluie, selon le bureau australien de la météorologie, ce qui pourrait encore aggraver l’état des cultures, dans une région en pleine récolte.

La mer Noire exporte

Selon Michael Zuzolo, les prix ont aussi été tirés vers le bas par les volumes d’exportations venues du bassin de la mer Noire, qui souffrent moins que prévu des taxes russes à l’exportation.

Alors que le blé tendre d’hiver, la variété Soft Red Winter (SRW) de référence cotée à Chicago, reculait nettement, le blé dur (Hard Red Winter) a limité les dégâts, soutenu par la persistance d’un temps sec dans les grandes plaines américaines, mauvais pour les rendements.

Pour Michael Zuzolo, une partie des opérateurs pourraient se reporter de l’un vers l’autre et pousser ainsi le HRW, coté à Kansas City, encore davantage vers le haut (son cours est déjà supérieur de 4 % environ).

Le maïs suit

Également en difficulté lundi, le maïs a été entraîné par le prix du gaz naturel, nécessaire à la fabrication de l’engrais en Europe. Pourquoi ? À cause de la crainte d’une récolte moindre ou de moins bonne qualité en cas de prix très élevé de l’engrais, certains exploitants choisissant de ne pas cultiver de maïs ou d’utiliser moins d’engrais.

Quant au soja, il a également terminé en repli, le marché s’inquiétant du rythme trop lent des exportations qui pourrait amener le ministère américain de l’Agriculture à revoir à la hausse les stocks de fin de saison, selon Steve Freed, vice-président du courtier ADM Investor Services.

Le boisseau de blé (environ 27 kg) pour livraison en mars 2022 a perdu 2,14 %, à 8,2225 dollars, contre 8,4025 dollars vendredi.

Le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison en mars a terminé en repli de 1,60 %, à 5,8225 dollars, contre 5,9175 dollars à la précédente clôture.

Le boisseau de soja (environ 27 kg) pour livraison en janvier a fini en repli de 0,89 %, à 12,4150 dollars, contre 12,5275 dollars.

AFP
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Le blé en légère hausse sur Euronext

Les prix du blé étaient en légère hausse vendredi 21 janvier 2022 dans l’après-midi sur le marché européen, alors que les opérateurs gardent un œil sur les tensions à la frontière russo-ukrainienne.