« Le marché imagine que les tensions entre États-Unis et Chine pourraient ralentir les exportations » américaines, a expliqué Virginia McGathey, présidente de McGathey Commodities. La Chine est, de loin, le plus gros importateur mondial de soja, pesant plus de la moitié des importations, tandis que les États-Unis sont le deuxième exportateur de la planète.

Tensions diplomatiques

Les États-Unis ont annoncé lundi le boycott diplomatique des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, en raison des violations des droits humains par la Chine, une décision qui accentue la crispation, déjà marquée, des relations entre les deux pays.

Ce nuage vient s’ajouter à un ciel déjà gris pour le soja, beaucoup d’opérateurs prévoyant que le ministère de l’Agriculture (USDA) va abaisser ses estimations d’exportations pour la saison en cours dans son rapport mensuel Wasde, attendu jeudi.

Les analystes interrogés par l’agence Bloomberg s’attendent ainsi à une hausse de 15 millions de boisseaux des stocks américains de soja, à 355 millions.

L’éthanol porté par le pétrole

Le maïs s’est lui affiché en hausse, soutenu par « l’inflation sur les marchés de l’énergie », a commenté Virginia McGathey. « À mesure que le pétrole brut monte, cela améliore les marges pour l’éthanol. »

Mardi, après clôture du marché, le gouvernement Biden a annoncé qu’il prévoyait d’obliger les petites raffineries à produire du biocarburant, fabriqué très majoritairement avec du maïs. Plusieurs dizaines de ces raffineries bénéficiaient jusqu’ici d’exemptions.

L’Agence de protection de l’environnement (EPA) a aussi revu sensiblement à la baisse les quotas de production de biocarburant pour les années 2020 et 2021 mais fixé un objectif ambitieux pour 2022, ce qui devrait faire réagir le marché mercredi.

L’Ukraine et la Russie sous surveillance

Quant au blé, il a poursuivi sa consolidation autour de 8 dollars le boisseau, les opérateurs recalibrant leurs positions sur cette céréale. Faute de nouvelles d’importance sur le marché lui-même, les opérateurs suivaient de près, selon Virginia McGathey, l’évolution de la situation entre Ukraine et Russie, deux gros producteurs de blé.

Le président américain Joe Biden a menacé mardi son homologue russe Vladimir Poutine de « fortes sanctions » si la Russie envahissait l’Ukraine. En cas d’escalade, prévient l’analyste, la Russie « va verrouiller toute sa production de blé, ce qui va mettre le marché sous pression et on pourrait voir le prix aller bien au-delà de 8 dollars (le boisseau), voire 9 dollars ».

Le boisseau de blé (environ 27 kg) pour livraison en mars 2022 a gagné 0,43 %, à 8,0850 dollars contre 8,0625 dollars lundi.

Le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison en mars également a pris 0,42 %, à 5,8600 dollars contre 5,8350 dollars à la précédente clôture.

Le boisseau de soja (environ 27 kg) pour livraison en janvier a perdu 0,89 %, à 12,5025 dollars contre 12,6150 dollars vendredi.

AFP
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