L’escalade dans le dossier ukrainien est le « principal moteur » de la progression du prix du blé aux États-Unis, a indiqué Rich Nelson, responsable de la stratégie chez le courtier Allendale. Mise en alerte de soldats américains lundi, nouvelles manœuvres russes à la frontière ukrainienne mardi, mises en garde américaine et européenne contre une invasion, la pression monte inlassablement au fil des heures, sans issue diplomatique en vue.

Son plus haut niveau depuis deux mois

Cette évolution a permis au prix du blé d’atteindre mardi 8,3150 dollars le boisseau (environ 27 kg) à la Bourse de Chicago, soit son plus haut niveau depuis deux mois. Les exportations de blé ukrainien demeurent en hausse de 29 % pour la campagne en cours par rapport à la précédente, a indiqué lundi l’Association ukrainienne des grains (UGA).

L’UGA, qui s’appuie sur des données fournies par les douanes ukrainiennes, a aussi enregistré une hausse de 26 % des quantités de maïs expédiées à l’étranger. Selon S & P Global Platts, le prix du blé ukrainien s’était replié au début de janvier avec la crainte d’une invasion russe, car celle-ci pouvait perturber les exportations et bénéficier à d’autres pays exportateurs, mais les cours se sont stabilisés ces derniers jours.

Des exportations russes en repli

Dans le même temps, les exportations de blé russe accusent un repli de 21 % par rapport à l’an dernier à la même date, également selon S & P Global Platts. « Le fait que le blé s’installe au-dessus de 8 dollars (le boisseau) à Chicago (pour la variété Soft Red Winter Wheat) et à Kansas City (pour le Hard Red Winter Wheat) laisse penser que la prime géopolitique pourrait perdurer, en particulier si le temps est sec au printemps » aux États-Unis, a anticipé, dans un bulletin vidéo, Steve Freed, analyste d’ADM Investor Services.

Le blé a aussi profité, à la marge, de l’annonce d’une vague de froid qui va notamment frapper le Texas, l’Oklahoma et le Kansas, trois des principaux États producteurs de HRW, le blé dur d’hiver.

Le prix du maïs en retrait

Également tiré par le dossier ukrainien, le maïs a touché mardi son plus haut niveau depuis six mois, à 6,3100 dollars le boisseau (environ 25 kg), avant de se replier et de finir sur une petite baisse.

Quant au soja, il a grappillé un peu de terrain, toujours aidé par l’incertitude sur les récoltes au Brésil, en Argentine et au Paraguay.

Le boisseau de blé (environ 27 kg) pour livraison en mars 2022 a gagné 2,18 %, à 8,1800 dollars contre 8,0050 dollars à la précédente clôture.

Le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison le même mois a cédé 0,16 %, à 6,2000 dollars contre 6,2100 dollars lundi.

Le boisseau de soja (environ 27 kg) pour livraison en mars a pris 0,30 %, à 14,0725 dollars contre 14,0300 la veille.

AFP
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