« Même si les chiffres du nombre d’assurés progressent, ils sont encore très largement inférieurs à ce qu’ils devraient être, a déploré le préfet à l’issue d’une “cellule d’urgence” avec des représentants de la filière agricole le 6 juin 2018. Et il y a des gens qui sont dans des situations de détresse parce que, pour la deuxième année, ils ont des pertes qui ne sont pas assurées. »

Allègement et exonération

Les exploitants touchés devraient bénéficier d’un allègement des cotisations sociales et d’une exonération fiscale sur le foncier non-bâti. En 2017, après l’épisode de gel du mois d’avril qui avait touché 60 000 ha de vignes, « ce sont plus de 7 millions d’euros qui ont été exonérés pour la seule Gironde, ce n’est pas une mesurette », a souligné Didier Lallement.

Ces mesures ont été saluées par les participants à la réunion mais jugées insuffisantes, selon le président de l’appellation Côtes de Bourg. Car « l’année dernière, il n’y avait pas eu le cumul des deux mauvaises saisons, des deux accidents climatiques », a souligné Stéphane Donze. Les viticulteurs réclament surtout de pouvoir augmenter les réserves de vin qu’ils sont autorisés à constituer.

Augmenter les réserves de vin

Ces stocks sont pour l’instant limités par la réglementation à une vingtaine d’hectolitres par an par exploitation. Les professionnels voudraient pouvoir doubler cette quantité, ce qui permettrait d’utiliser ces stocks en cas d’année de « cataclysme climatique », a insisté Hervé Grandeau, président de la fédération des grands vins de bordeaux (FGVB).

Il souhaite aussi une « évolution fiscale » pour permettre aux viticulteurs de « constituer une réserve climatique » dans leurs bilans. « C’est-à-dire pouvoir épargner une partie des bénéfices d’une bonne année, les mettre dans un compte d’attente sans fiscalisation ou prélèvement sociaux, et pouvoir réinjecter ces réserves dans le chiffre d’affaires » en cas d’aléas climatiques les années suivantes.

Lors du dernier week-end de mai, de violents orages de grêle ont dévasté près de 7 100 ha de vignes dans le Bordelais (Sud Médoc, Côtes de Blaye, Côtes de Bourg) et plus de 10 000 ha dans le bassin Charente Cognac.

AFP