« L’objectif est de redonner du volume au port du Havre qui en a bien besoin », déclare Luc Brasseur, directeur général de CMNT (Compagnie nouvelle de manutention et de transport), qui accueille cette plateforme. La mise en place de ces plateformes fait suite à une interdiction par le ministère de l’Agriculture de pulvériser des produits phytosanitaires sur les tas de bois en bord de route, méthode jusqu’ici privilégiée par les entreprises pour obtenir les certificats à l’exportation.

« C’est un marché qui représentait à une époque plus de 60 000 conteneurs à l’année passant par le port du Havre, qu’on avait totalement perdu au profit d’Anvers faisant suite à ces problèmes de traitement », explique Luc Brasseur. Quelque 70 conteneurs sont arrivés mardi et mercredi, selon Michel Segain, président de l’Umep (Union maritime et portuaire du Havre). Ils repartiront la semaine prochaine pour l’Asie. Sur l’année, ce trafic représente plusieurs dizaines de millions d’euros de chiffre d’affaires pour le port.

Supprimer la taxe phytosanitaire pour réduire les coûts

Seul hic, cette méthode, très propre, est plus longue que le procédé consistant à utiliser un insecticide, présente des « coûts de manutention extrêmement élevés », selon Charlie Mola, vice-président du syndicat de la filière du bois. Il demande par conséquent la suppression d’une taxe phytosanitaire qui avait été mise en place lorsque les professionnels utilisaient des insecticides comme le Forester. Cette taxe représente près de 100 € par conteneur, selon Charlie Mola, qui estime que tant qu’elle sera maintenue, il restera « moins coûteux » pour certains professionnels de régions plus éloignées du Havre « d’aller à Anvers ».

Une plateforme de traitement de ce type existe déjà au port de Fos-sur-Mer, près de Marseille. Une autre doit être mise en service prochainement à Brest et le port de Gennevilliers, en Région parisienne, pourrait suivre.

AFP